RMC

SNCF: quelle différence entre la grève "surprise" ou le droit de retrait?

RMC
La SNCF promet une nette amélioration du trafic ferroviaire lundi, avec des perturbations limitées aux TER et Intercités, sans que le conflit entre syndicats et direction sur les "problèmes de sécurité" soit résolu.

Qui a raison? Le bras de fer continue ce lundi matin à la SNCF: les cheminots assurent qu’ils exercent leur droit de retrait, alors que la direction estime qu’il s’agit d’une "grève sauvage".

Mais quelle est la différence entre ces deux termes qui, sur le fond, provoque une situation chaotique sur les rails?

Dans les faits, n’importe quel salarié peut décider de faire valoir un "droit d’alerte et de retrait" s’il estime qu’une situation de travail présente un danger pour sa vie ou sa santé. C’est un droit depuis 2008, mais il faut un motif "raisonnable", que ce danger soit "grave et imminent".

Cela peut ainsi être individuel mais aussi collectif: la bonne foi suffit. Le salarié n’a pas besoin de déposer un préavis: il est payé et il n’est pas forcé de reprendre le travail tant que ce danger n’est pas écarté. 

Une question de salaire et de sécurité

C’est la différence avec le droit de grève, qui oblige, par exemple un cheminot à se déclarer 48h avant le début du mouvement, sans salaire.

Or dans le cas du mouvement actuel, la SNCF estime qu’il n’y a pas de "menace imminente". Autrement dit, le droit de retrait ne peut pas s’appliquer. Voilà pourquoi Guillaume Pépy envisage des "retenues sur salaire".

L’inspection du travail appelle à la prudence car, selon elle, les agents semblent s’inscrire dans le cadre de la procédure du droit de retrait.

11 blessés à un passage à niveau

A l'origine du mouvement, un accident survenu mercredi soir, lorsqu'un TER reliant Charleville-Mézières à Reims a percuté un convoi routier exceptionnel coincé sur un passage à niveau, faisant 11 blessés dont plusieurs hospitalisés. Le conducteur, qui a porté secours aux passagers alors qu'il était lui-même blessé, était le seul agent SNCF à bord.

Les syndicats contestent ce mode de fonctionnement, qui permet de faire circuler des trains sans contrôleur, évoquant des risques de sécurité. Ils pointent aussi des problèmes de sécurité particuliers à l'engin accidenté, un autorail grande capacité.