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Agression homophobe à Lyon: "Les policiers m'ont demandé de suivre moi-même mes agresseurs"

Témoignage RMC - Dimanche après-midi, Simon Labouyrie et cinq de ses amis ont été victimes d'une agression homophobe à Lyon. Le jeune homme a appelé la police qui n'a pas souhaité intervenir.

Dimanche après-midi, Simon Labouyrie se promène avec 5 amis en plein centre-ville de Lyon: " On a entendu un premier 'salut les filles', qui n'était pas agréable mais pas d'une gravité exceptionnelle, mais qui est suivi de 'sale pédé', que je n'ai pas laissé passer. Au moment où j'ai voulu appeler la police, j'ai reçu un coup. Les autres aussi se sont fait agresser".

La trentaine de passants qui assiste à la scène n'intervient pas, "certains étaient même en train de rire", raconte Simon Labouyrie sur RMC. Les jeunes agresseurs finissent pas s'enfuir. Simon en profite pour appeler la police: "Ils m'ont demandé de descendre moi-même dans la station de métro pour vérifier que mes agresseurs étaient toujours là, je leur ai dit que c'était un peu compliqué pour moi de descendre seulement dans le métro après cette agression. J'ai descendu 3 marches, et ils n'étaient pas là. Le policier m'a répondu qu'ils ne se déplaceraient pas parce que les agresseurs étaient sûrement partis".

"J'espère que d'autres auront le courage de leur tenir tête"

Pour Simon, ce genre de réaction de la part des forces de l'ordre n'incite pas à porter plainte: "Quand on subit une agression aussi violente et que les policiers expliquent qu'ils ne peuvent pas se déplacer alors qu'on est en plein centre-ville, c'est fortement décourageant". Et lorsqu'il se rend au commissariat pour porter plainte, les policiers lui livrent un conseil étonnant: "La police m'a dit qu'il ne fallait pas leur répondre si je ne voulais pas recevoir de coups, mais non, ce n'est pas la solution. J'espère que d'autres auront le courage de leur tenir tête".

Touché aux cervicales, cette agression a valu Simon 3 jours d'ITT. Il gardera probablement des séquelles physiques de cette agression. Les séquelles psychologiques, elles, sont déjà là.

P.B.