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Agressions sexuelles dans le patinage: sommé de partir, le président de la Fédération refuse et rejette la faute sur ses prédécesseurs

Le scandale d'agressions sexuelles qui touche la Fédération française des sports de glace a pris une tournure politique lundi. La ministre des Sports a demandé le départ du président de la Fédération qui a refusé, rejetant la faute sur ses prédécesseurs.

Moins d'une semaine après les accusations de violences sexuelles dans le milieu du patinage, et après plus d'une heure de face à face dans le bureau de la ministre, Roxana Maracineanu et le président de la Fédération des sports de glace, se sont livrés à une passe d'armes par médias interposés. Didier Gailhaguet était interrogé sur le rôle de la Fédération dans le maintien, dans les années 2000, de l'entraîneur Gilles Beyer, accusé de viol par la patineuse Sarah Abitbol, trente ans après les faits, dans un livre paru la semaine dernière "Un si long silence".

La ministre des sports a dans un premier temps dénoncé un "dysfonctionnement général" dans la Fédération des sports de glace. Mais Roxana Maracineanu n'ayant pas le pouvoir de limoger son président, elle lui a donc demandé de partir : "Didier Gailhaguet ne peut se dédouaner de sa responsabilité morale et personnelle. Je lui ai donc demandé de démissionner de son poste de président de la Fédération française des Sports de Glace", a assuré la ministre lors d’un point presse.

L’ancienne championne du monde de natation a également brandi la menace de priver la fédération de ses dotations d'Etat mais à la sortie du ministère, Didier Gailhaguet n’a reconnu aucune faute, dénonçant plutôt l’inaction de ses prédécesseurs.

"Les premiers responsables sont ceux qui ont laissé commettre ces exactions"

"J’ai appris les faits dans la presse comme tout le monde. Certains datent de 30 ans, bien avant que je ne devienne président de cette fédération. Les premiers responsables sont ceux qui ont laissé commettre ces exactions, le ministère et la ministre des Sports de l’époque", a-t-il assuré lors d’un point presse improvisé.

La ministre des Sports visée par Didier Guailhaguet, c’est Marie-George Buffet, qui avait pourtant démis de ses fonctions Gilles Beyer, l’entraîneur que la patineuse Sarah Abitbol accuse de viol.

"Le président de la Fédération savait que Gilles Beyer avait déjà été évincé par la ministre Marie-George Buffet qui l’avait sorti des équipes nationales, de son état de cadre technique, demandant à ce qu’il ne soit plus en contact avec des mineurs", assurait d’ailleurs sur RMC lundi à propos de Didier Gailhaguet, Gwendal Peizerat, champion Olympique de patinage en 2002.

De son côté, l’ancienne ministre des sports Marie-George Buffet a dénoncé lundi soir les accusations floues du président de la fédération et une tentative de diversion. Didier Gailhaguet doit réunir ce mardi soir l'ensemble des acteurs de la fédération avant une conférence de presse prévue mercredi à 14h. 

Juliette Droz (avec Guillaume Dussourt)