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Bonne nouvelle: la guerre du camembert est terminée!

Bonne nouvelle: la guerre du camembert est terminée!

Bonne nouvelle: la guerre du camembert est terminée! - RMC

Après dix ans de bataille, les producteurs de laits normands, et tous ceux qui produisent des camemberts dans la région, ont fini par se mettre d’accord.

Tout un fromage. Dans la guerre du camembert, jusqu’ici, deux camps s’affrontaient clairement. En rayon, vous aviez deux étiquettes, deux fabrications, deux façons de voir la France aussi à travers le camembert.

Ici, le camembert de Normandie, le véritable, l’authentique, au lait cru, moulé à la louche, avec 50% au moins de lait issu de vaches normandes élevées entre Calvados, Manche, Orne et une frange de l’Eure. Bref, toute une tradition française qui explosait aux narines dès l’ouverture de la boîte. Là, le camembert fabriqué en Normandie, industriel, sans aucun cahier des charges, au lait pasteurisé issu de vaches du monde en entier. L’important était simplement qu’il soit transformé en territoire normand.

Le premier avait une production modeste, 6.000 tonnes par an. Le second, une force de frappe dix fois supérieure, 60.000 tonnes par an. Et depuis 10 ans donc, les partisans de l’AOP bataillaient pour interdire aux industriels de faire mention de la Normandie sur leur fromage.

"Véritable" ou "authentique"

Tout cela ne s’est pas réglé à la bonne franquette, autour d’une bonne tranche de camembert: il a fallu des semaines et des semaines de négociations en Normandie et à Paris, au siège de l’INAO, l’institut national de l’origine et de la qualité. Les deux parties ont finalement accepté un cahier des charges unique, chacune faisant un pas vers l’autre. Désormais, le camembert AOP de Normandie pourra être élaboré à partir de lait pasteurisé. Mais au moins 30% du lait devra provenir de vaches de race normande, avec obligation de pâturer en extérieur et en Normandie. Un accord qui devrait permettre à la filière AOP de passer de 50 millions de litres de lait normand à 900 millions par an.

Si l'on comprend l’intérêt économique de cet accord, mais il est loin de satisfaire tout le monde. En premier lieu: les consommateurs normands qui voient dans l’abandon du fameux "lait cru, moulé à la louche" la mort de "leur camembert". Mais qu’ils se rassurent. Les producteurs qui continuent d’utiliser cette technique de fabrication pourront apposer sur l’étiquette la mention "véritable" ou "authentique". L’équivalent du grand cru ou premier cru pour un grand vin. Et c’est vrai qu’il en faut toujours un grand pour accompagner un bon fromage.

Matthieu Rouault & X.A