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Burkini: "L'Etat doit prendre position!", réclame le maire de Grenoble sur RMC

Eric Piolle, maire (EELV) de Grenoble regrette la tension liée à des opérations communautaires qui ont conduit à la fermeture des piscines municipales mercredi et jeudi. Il demande, ce jeudi sur RMC, à l'Etat de prendre position.

Le burkini fait des vagues à Grenoble. Les deux piscines municipales de Grenoble ouvertes l'été seront fermées jeudi, malgré la canicule, à la demande des maîtres-nageurs débordés par les sous-effectifs et la tension liée aux opérations coup de poing de nageuses en burkini.

"Les maîtres-nageurs subissent actuellement un contexte social compliqué car il est difficile d'en recruter, et ils sont à Grenoble l'objet d'opérations communautaires", victimes de "campagnes d'intimidation incitant à contrevenir au règlement", a indiqué la mairie.

La municipalité a expliqué qu'ainsi, "les conditions ne sont pas réunies" pour que les deux piscines de la ville ouvrent jeudi matin. En mai, et dimanche, des femmes musulmanes vêtues de burkinis, un maillot qui couvre tout le corps, étaient venues se baigner dans ces piscines, à l'initiative du collectif Alliance Citoyenne, malgré l'arrêté municipal interdisant cette tenue.

Mouvement des employés municipaux: "C'est clairement pour faire du buzz"

Eric Piolle, maire Europe Ecologie-Les Verts regrette cette accumulation de tensions et vient donner son point de vue sur la situation ce jeudi matin sur RMC.

"Ce n’est pas spécifiquement le burkini qui est interdit, c’est un règlement qui, en matière de taille de maillot, de fait, interdit le burkini. Les piscines sont donc fermées à cause de ce mouvement qui est clairement pour faire du buzz médiatique de pas bonne qualité dans un moment qui n'est pas le bon. Ce mouvement là vient également rencontrer des problèmes d'incivilités importants. Il manque 5.000 maître-nageurs en France et ceux qui sont là travaillent dans des conditions difficiles car l'été il y a, de fait, plus de monde dans les piscines et donc d'incivilités et de violences."

Mouvement du burkini: "Il faut dénoncer cette instrumentalisation"

L'association qui a demandé aux femmes de nager en burkini dimanche dernier demande à faire la même opération dimanche. Le maire de Grenoble assure que la municipalité va adopter le même comportement et verbaliser les personnes en infraction.

"Nous avons verbalisé ces personnes et donc celles qui ont été verbalisées seront interdites de piscine pour les prochaines semaines, c'est comme ça quand on enfreint le règlement intérieur. Il faut dénoncer cette instrumentalisation avec des propos qui s'apparentent à des propos religieux."

"Je dénonce les propos de Marlène Schiappa. L'Etat doit prendre position"

Alors qu'il dénonce le timing "pré-électoral" de cette polémique, il regrette les propos de la ministre Marlène Schiappa qui "dit tout et son contraire". 

"Je dénonce aussi les propos de la ministre qui dit tout et son contraire pour rentrer dans la polémique ce qui me semble malsain. Il faudrait que le gouvernement dise si la piscine doit être comme l'école un lieu dans lequel il n'y a aucun signe religieux. Une telle loi, ça me semble compliqué. L'Etat doit prendre position, si c'est une question de laïcité ou d'hygiène et de sécurité. Mais il est évidemment totalement exclu de discuter des règlements des piscines avec des organisations religieuses."
James Abbott