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Cette loi, elle est là pour surveiller tout le monde: 22.000 manifestants en France dont 7.000 à Paris mobilisés contre la loi sécurité globale

Une importante mobilisation dans plusieurs villes de France ce samedi contre la loi sur la sécurité globale jugée attentatoire à la liberté d'expression et à l'Etat de droit.

"Halte au floutage de gueule": c’est au son de ce slogan que se sont rassemblés plusieurs milliers de manifestants ce samedi après-midi sur la place du Trocadéro à Paris pour la défense de la liberté d'expression et d'informer.

Une mobilisation, contre la proposition de loi adoptée dans la nuit de vendredi par l'Assemblée nationale sur la sécurité globale. "Une dérive sécuritaire qui menace le droit à l’information", selon les manifestants. Dans leur viseur: la possibilité pour les forces de l’ordre d’utiliser très largement des drones de surveillance ou encore, l’interdiction d’utiliser des images permettant l’identification de policiers.

Difficile de progresser ce samedi sur la place du Trocadéro, noire de monde. Liberté, résistance, des slogans qui résonnent en boucle. Lucie a 24 ans, elle est en service civique: "Je ne manifeste pas souvent mais il y a beaucoup de choses que je vois passer à travers les vidéos et les réseaux sociaux. Si on ne les a plus, on ne saura plus qui est Alexandre Benalla par exemple. C’est l’impunité".

"Les citoyens sont en train de se réveiller"

La mobilisation a dépassé ce samedi celle des journalistes, et cela réjouit Dominique Pradalié, secrétaire générale du Syndicat national des journalistes: "Les citoyens sont en train de se réveiller. Sur les deux dernières années, plus de 200 journalistes ont été empêchés de travailler. La liberté d’informer concerne les citoyens".

Il faut maintenant retirer cette loi, estime Arié Alimi avocat et membre de la Ligue des droits de l'Homme: "Cette loi, elle est là pour surveiller tout le monde avec les drones, avec les caméras piéton, pendant que les citoyens ne peuvent pas surveiller les abus de l’Etat. Si aujourd’hui cette loi passe, la disparition de l’Etat de droit sera annoncée".

Une coordination nationale composée de différents syndicats et associations pour la défense des libertés ont rendez-vous ce lundi après-midi avec le ministre de l'Intérieur.

Aurélia Manoli (avec C.P.)