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Coincé dans son appartement, son bailleur propose de le reloger dans un centre pour toxicomanes

Romain est obligé de se déplacer dans un fauteuil roulant. Vivant déjà difficilement dans son appartement, il va subir de plein fouet l'arrêt de son ascenseur pour travaux à partir du mois de janvier. Comme solution de relogement, son bailleur lui a proposé d'habiter provisoirement dans une structure pour toxicomanes, avant que la mairie de Paris lui annonce sa labellisation pour habiter un logement spécialisé.

Romain se bat depuis 20 ans contre le VIH. Le virus abîme ses nerfs et le force à se déplacer en fauteuil roulant. Il habite au septième étage d’un immeuble parisien, avec des petites marches qui le forcent à avoir une aide pour sortir et un ascenseur qui sera en travaux pour dix semaines à partir du mois de janvier. Romain est donc condamné à rester chez lui pendant cette période.

Mi-septembre, il avait appelé l'équipe de "RMC s'engage pour vous" pour demander de l'aide. Il expliquait vivre "reclus', avoir l'impression d'être "otage de son appartement". Avec la perspective des travaux à venir, il demandait à son bailleur social, l'entreprise Toit et Joie, une solution de relogement.

Une place dans un centre pour toxicomanes

Mi-septembre, ce bailleur social nous assurait chercher cette solution. Ils lui ont finalement proposer une solution: intégrer un logement dans une structure réservée aux toxicomanes. Une proposition temporaire et totalement inadaptée aux besoins de Romain: "Apparemment, c'est une solution qui leur paraissait acceptable… Sauf que moi, il est hors de question de prendre la place d'une personne qui en a besoin par rapport à ses pathologies propres. Chacun les siennes…"

"On n'est toujours pas dans une prise en charge humaine des choses: on me demande de déménager pour revenir et redéménager derrière. Je n'ai pas l'énergie, je n'ai pas la force pour ça", dénonce-t-il.

Romain a bien évidemment refusé cette proposition, totalement inadaptée à ses besoins, et son bailleur dit ne pas pouvoir faire mieux pour lui, pour le moment.

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Labélisé ULS

Mais il n'y a pas de fatalité: il reste une lueur d'espoir à Romain. Un mois après notre premier reportage, comme par magie, Romain a reçu un appel de la Direction du logement à Paris pour lui annoncé sa labellisation ULS. Ce label Unité de Logement Spécialisé (ULS) lui permet d'avoir accès à des appartements dédiés aux handicaps moteurs. Il y a suffisamment de place pour un fauteuil, les portes et les fenêtres sont télécommandées, la salle de bain est accessible et sécurisée.

Romain avait fait cette demande l’année dernière et vient tout juste d’apprendre qu’il est jugé prioritaire, mais il doit désormais attendre qu’un logement soit disponible: "Je crois les doigts qu'on m'entende, de pouvoir me remettre de tout ce qui m'arrive. Être entendu, avoir un appartement, pouvoir me poser, faire le deuil de ma mobilité."

"Je veux essayer de reprendre une vie différente, avec un peu d'espoir: pas être perché au septième étage sans pouvoir sortir de chez moi."

La Direction du Logement confirme que les choses peuvent maintenant aller assez vite. RMC continuera à suivre le dossier. Ian Brossat, l’adjoint à la mairie de Paris, chargé du logement, avait promis, mi-septembre, prendre ce dossier très au sérieux. Un mois plus tard, il nous réaffirme son engagement. Tous les services de la ville sont mobilisés pour trouver une solution avant la fin de l’année, mais dans les faits Romain est aujourd’hui toujours au septième étage de son immeuble, qui n’aura plus d'ascenseur dans deux mois.

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Joanna Chabas, Amélie Rosique, Élise Denjean avec Maxime Martinez