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Comment limiter la fréquentation des espaces naturels protégés

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Les sites naturels souffrent du tourisme de masse. Plusieurs parlementaires viennent de déposer une proposition de loi pour les préserver et appellent à limiter leur fréquentation.

Imaginez 3.500 personnes en même temps sur moins d'un kilomètre carré. C'est ce qui se passe chaque jour l'été sur l'île de Lavezzu en Corse. Ce n'est pas le seul site naturel à être envahi. 6.000 touristes par jour sur l'île de Porquerolles, 16.000 sur la dune du Pyla, 3 millions à l'année dans le parc national des Calanques.

Les chiffres donnent le tournis. C'est bon pour le commerce et l'économie, beaucoup moins pour l'environnement. Cette surfréquentation pose plusieurs problèmes. D'abord pour les visiteurs. C'est dangereux et pas vraiment agréable. Mais surtout pour les sites eux-mêmes, souvent labellisés et protégés. L'hypertourisme érode les sols, pollue les espaces naturels, voire tue une partie de la faune et de la flore.

Les pouvoirs publics et les gestionnaires sont démunis 

Ils n'ont aucune marge de manœuvre sur la fréquentation des sites. Limiter le nombre de visiteurs pour préserver l'environnement est tout simplement illégal.

D’où cette initiative du sénateur de la Somme. Le seul moyen de protéger nos sites naturels est de changer la loi dit-il. Il veut donner plus de pouvoir aux maires. Et leur permettre de déposer un arrêté si l’environnement est en danger. Aujourd’hui, ils peuvent seulement le faire pour préserver l’ordre public et non écologique.

Les communes pourraient donc décider de restreindre voire d’interdire temporairement l’accès d’un espace naturel ou d’un site culturel, sans le rendre payant pour autant.

Ca reste compliqué car nous avons beaucoup d’espaces naturels très vastes

Installer des portiques ou des guichets dans le Marais poitevin ou la pointe du Raz ce n’est pas si simple. Surtout que ce qui prime en France, c’est la liberté d’accès à des espaces publics.

Alors certains sites trouvent des parades, ouvrir d'autres points d’intérêts pour désengorger, proposer plus d'offres hors saison, interdire aux visiteurs de sortir des chemins balisés.

La direction du parc national de Port-Cros réfléchit à instaurer des prix différents pour les bateaux en fonction de la fréquentation. Celles de certains espaces naturels corses voudraient même des quotas et des amendes en cas d'infractions.

Et puis à St-Gervais, au pied du mont Blanc, seuls les alpinistes qui ont réservé un hébergement sur la voie normale ont désormais accès à l'itinéraire suite à un arrêté préfectoral.

Anaïs Bouitcha (avec J.A.)