RMC

Corse: en signe d'apaisement, Castex lève le controversé statut "DPS" de 2 détenus corses

Le Premier ministre Jean Castex lors de la séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 22 février 2022

Le Premier ministre Jean Castex lors de la séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 22 février 2022 - Thomas COEX © 2019 AFP

Le Premier ministre a envoyé un signe d'apaisement après les tensions liées à la tentative d'assassinat d'Yvan Colonna la semaine dernière.

Jean Castex a levé vendredi le statut de "détenu particulièrement signalé" (DPS) d'Alain Ferrandi et Pierre Alessandri, membres du commando Erignac, "dans un esprit d'apaisement" après l'agression d'Yvan Colonna qui a suscité une série de manifestations en Corse. Ce statut empêchait leur rapprochement vers une prison corse.

Cette décision, qui s'applique "sans délai", ouvre donc la voie à un rapprochement en Corse des deux détenus, une vieille revendication devenue un point de crispation politique majeur dans l'île.

Le Premier ministre avait déjà tenté de faire retomber la tension mardi soir en levant, "pour des raisons humaines" assure-t-il, le statut DPS d'Yvan Colonna, condamné à la perpétuité lui aussi pour l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac en 1998.

Jean Castex condamne les violences

Mais alors que le militant indépendantiste se trouve dans le coma après son agression le 2 mars dans sa prison d'Arles par un codétenu emprisonné pour terrorisme, le geste a été jugé par beaucoup comme une provocation et n'avait pas empêché la multiplication des manifestations et une nuit d'émeutes mercredi soir.

Dans ce contexte, Jean Castex a dit "condamner fermement" les violences, qui ont vu notamment le palais de justice d'Ajaccio pris pour cible mercredi soir, "de même que les propos totalement déplacés accusant l'Etat d'avoir prêté intentionnellement la main à l'agression très grave dont Yvan Colonna a été victime".

Le président autonomiste du conseil exécutif de Corse Gilles Simeoni avait appelé ce vendredi matin sur RMC l'Etat à "ouvrir une commission d'enquête parlementaire" et a soulevé des doutes concernant des "officines parallèles" liées à cette tentative d'assassinat.

La rédaction avec AFP