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Coupe du monde: le match de la Russie contre le racisme

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Faut-il craindre des bannières racistes, des cris de singe pendant la Coupe du monde en Russie, qui s'ouvre jeudi 14 juin? RMC a enquêté à Moscou, où le phénomène reste "minoritaire", certifient supporters et anciens joueurs.

Plus que 6 jours avant la grande messe du football. La Coupe du monde en Russie débute jeudi 14 juin avec le match Russie – Arabie Saoudite. Si l'on s'interroge sur le niveau de l'équipe russe, qui enchaîne les mauvaises performances, on s'interroge également sur l'ambiance qu'il va régner pendant la compétition. Ce n'est pas le premier à la dire, mais cette semaine le patron de Fifa, Gianni Infantino, l'avouait: "Il y a évidemment des défis, comme le combat contre le racisme".

On se souvient du dernier match de l'équipe de France à Saint-Pétersbourg, où des insultes racistes voire des cris de singes avaient été entendus dans le stade. Pour la première fois lors d'une Coupe du monde, les arbitres auront d'ailleurs le droit d'interrompre, voire de stopper un match en cas de débordement. La FIFA a aussi mis en place des observateurs qui vont rapporter les dérapages.

"Traité de nègre, frappé avec une bouteille…"

Cette crainte du racisme durant les matchs est-elle vraiment fondée? RMC l'a constaté sur place à Moscou, cette ambiance raciste n'est manifestement pas un mythe. Le racisme, c'est d'abord dans la rue. C'est en tout cas le ressenti de Dédé, immigré congolais, arrivé à Moscou il y a 5 ans. "C'est très difficile. Ils n'ont jamais vu de noirs dans certains coins. On te touche comme si tu étais quelqu'un de différent". Et cela va parfois beaucoup plus loin. "Dans une gare, des personnes alcoolisées m'ont traité de nègre. L'un d'eux m'a frappé avec une bouteille", raconte-t-il.

Le racisme, c'est également dans les stades, notamment celui du CSKA Moscou. Robert Oustian, supporter du club moscovite décrit les "bannières avec les symboles fascistes, les cris de singes…", qui salissent l'image de son équipe. "Ces groupes sont minoritaires mais maintenant tout le monde dit que les supporters du CSKA et les supporters russes sont des néo-nazis. Il faut absolument contrer cette image." C'est pourquoi, comme d'autres Russes, il réagit et a créé une association anti-racistes.

"Ces groupes sont minoritaires"

D'anciens joueurs se mobilisent également, à l'image d'Alexeï Smertin, ancien footballeur qui a notamment joué aux Girondins de Bordeaux. Il milite aujourd'hui contre les discriminations dans le football. Et il le certifie, l'image d'une Russie majoritairement raciste est fausse. "Ils se trompent, ça arrive, mais ce sont les idiots, les gens mal éduqués". Les supporters qui assisteront aux matchs de la Coupe du monde ne pourront en tout cas pas passer à côté de ce message: "Non au racisme"! Il est inscrit sur tous les billets.

P. G. avec Thomas Chupin