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Débat de la primaire sur France 2: qui vous a convaincu ?

Autour de David Pujadas, les six candidats à la primaire PS, Arnaud Montebourg, Jean-Michel Baylet, François Hollande, Martine Aubry, Manuel Valls et Ségolène Royal. La nécessité de rester unis avant une échéance présidentielle assombrie par la plus grave

Autour de David Pujadas, les six candidats à la primaire PS, Arnaud Montebourg, Jean-Michel Baylet, François Hollande, Martine Aubry, Manuel Valls et Ségolène Royal. La nécessité de rester unis avant une échéance présidentielle assombrie par la plus grave - -

Les six candidats à la primaire socialiste se sont confrontés, hier jeudi soir sur France 2, pour leur premier débat. Chacun a essayé de faire entendre sa différence sans réel affrontement. Qu'en avez-vous pensé ?

Debout derrière des pupitres dans un sobre décor de verre et de lumière, les six candidats à la primaire PS, vêtus de sombre, ont eu le sourire rare et le verbe technique au cours de près de trois heures d'émission, dont un long "débat" où les éclats de voix ont été rares. Seule Martine Aubry s'est risquée à prendre pour cible François Hollande, qu'elle peine à rattraper dans les sondages.

Seul échange un peu vif: sur le nucléaire

Sur la question du nucléaire, la maire de Lille a opposé la "clarté" de son choix d'en sortir, à l'objectif du député de Corrèze de faire passer la part de cette énergie en France de 75% à 50% d'ici 2025. "Nous ne sommes pas d'accord (...) On ne peut pas dire aux Français 'p't'ête bien qu'oui p't'ête bien que non'", lui a-t-elle lancé lors du seul échange un peu vif de la soirée.
François Hollande a esquivé sur le ton de l'ironie : "Il y a eu de la clarté, pas forcément lumineuse, mais il y a eu de la clarté", a-t-il dit à propos de celle qui lui a succédé à la tête du Parti socialiste. Martine Aubry a également dit ne pas croire au "contrat de génération" proposé par son adversaire, préférant la création de 300.000 emplois d'avenir pour les jeunes. Elle a en outre dit douter du projet de François Hollande d'arriver à l'équilibre des comptes publics à la fin du quinquennat, en 2017. "Je ne veux pas m'engager parce que ce n'est pas sérieux", a-t-elle dit.

«Redonner l'espoir aux Français»

Les solutions à apporter à la crise pour "redonner l'espérance aux Français", comme l'ont dit plusieurs candidats, ont constitué le fil rouge de la soirée. Quelques divergences ont pointé, notamment sur la dépénalisation du cannabis et le retour de Dominique Strauss-Kahn sur la scène politique. Invité à décrire le profil idéal du prochain président, Martine Aubry a évoqué "quelqu'un qui incarne les valeurs de la France".
François Hollande en a énuméré les qualités: "constance, cohérence, stabilité, vision de l'avenir, proximité, compréhension des autres, respect, tout simplement être à l'écoute". "Une présidence ne peut pas être banale", a ajouté celui qui aime se présenter comme un homme "normal". "Mais elle doit avoir des règles, une façon de rassurer et d'emmener les Français".
Pour Arnaud Montebourg, chantre de la "démondialisation", la gauche "gagnera contre Nicolas Sarkozy en ayant compris que le monde a changé".
Manuel Valls a prôné le rassemblement pour contrer "la rupture profonde entre les Français et les responsables politiques".

«Il va falloir rassembler le plus grand nombre possible de Français»

Martine Aubry s'est dite prête à tendre la main, au-delà de la gauche, "aux démocrates et aux républicains qui veulent nous retrouver".
François Hollande a lui aussi invité à "faire accueil à tout ceux qui le voudront, à condition qu'il acceptent le programme", tout en s'inquiétant d'une "extrême droite dont on parle peu mais qui est là, à des niveaux qui n'étaient même pas atteints le 21 avril 2002".
"Je veux une France unie", a dit la présidente de Poitou-Charentes Ségolène Royal". "Il va falloir rassembler le plus grand nombre possible de Français qui attendent que ça change".
Pour Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche, "ces primaires démarrent bien". "Nous voulons changer de président de la République, nous voulons changer de majorité, nous voulons changer de politique pour la France", a-t-il dit en guise de conclusion.
Les prochains débats entre les six candidats à la primaire sont prévus les 28 septembre et 5 octobre.

La Rédaction, avec Reuters