RMC

Défiler sur les Champs-Élysées le 14 juillet, c'était un rêve de petite fille

La Garde Républicaine, lors du défilé du 14 juillet 2015.

La Garde Républicaine, lors du défilé du 14 juillet 2015. - AFP

Sabre au flanc, casque à crinière sur la tête, elle fait partie des 234 cavaliers de la Garde Républicaine qui vont défiler ce vendredi 14 juillet sur les Champs-Élysées. La cavalière Adeline Garnaud, jointe par RMC.fr, va défiler pour la huitième fois. "C'est toujours une grande fierté et une grande émotion", raconte-t-elle à RMC.fr.

Adeline Garnaud a 36 ans, elle est cavalière de la Garde républicaine, qui ouvre le défilé du 14 juillet sur les Champs-Élysées. Elle défilera ce vendredi pour la huitième fois.

"Défiler sur les Champs-Élysées, c'est toujours une grande fierté. Malgré les années, on a toujours beaucoup d'émotion, c'est toujours agréable. Quand on arrive sur les Champs, les voir libres devant nous, avec toutes les troupes à pied qui nous attendent, c'est très impressionnant. On est les premiers à ouvrir le bal, les gens nous attendent, et on a envie de bien faire.

Ce qui me rend le plus fier ? C'est de représenter la Garde républicaines, de défiler en tenue, ça procure une grande émotion. C'est unique et on en est conscients. On sait qu'on n'est pas beaucoup à pouvoir le faire. C'était un rêve de petite-fille. Quand j'étais enfant je regardais le défilé du 14 juillet avec les yeux qui brillent. Et puis en grandissant je me suis aperçu que le rêve pouvait devenir réalité.

"Le plus dur c'est de garder la cadence"

Je dois avouer que la première fois que j'ai défilé, j'étais tellement concentré sur ce que je devais faire que je n'ai pas pu profiter de tout ce qu'il y avait autour de moi. Car malgré les nombreuses répétitions, le jour J c'est toujours différent. Puis au fil des années, on prend plus de confiance et d'aisance et on profite un petit plus de ce qui nous entoure, des gens qui nous applaudissent, des troupes à pied qu'on prend le temps de regarder... On est plus maîtres de ce qui se passe, donc on profite un peu plus du spectacle.

La salutation au président de la République, c'est toujours un moment très fort. On attend de voir leur réaction. Là, ce sera 'mon' troisième président avec Emmanuel Macron. Mais ce n'est pas ça qui nous donne le plus d'appréhension. Le plus dur, c'est de garder la cadence. C'est la fanfare qui nous impose le rythme et on se cale dessus. Il faut garder les intervalles et les distances entre chaque cheval. Nous devons être très bien alignés dans les colonnes. On essaie vraiment de rester serrés un maximum pour que ce soit joli.

"On répète toute l'année"

Il y a des moments où c'est un peu moins bien fait, par exemple quand il pleut et que le sol est glissant. Il faut alors faire un peu plus attention. Il y a toujours des petits moments où les chevaux se décalent un peu, notamment s'ils sont un perturbés par les applaudissements. Mais on réagit très vite et cela ne se voit pas à la télévision. Ce qui peut aussi compliquer la tâche, c'est quand on défile avec un nouveau cheval. On ne sait alors pas trop comment il va réagir. Il n'y aura pas de souci de ce côté-là puisque ce sera mon troisième défilé avec mon cheval, qui est mon troisième depuis que je suis dans la Garde Républicaine.

On répète toute l'année, avec une répétition par mois dans le Bois de Vincennes. On s'entraîne tous ensemble en faisant un aller-retour sur une grande avenue. Puis quelques jours avant le 14 juillet on a une répétition de jour, et enfin une répétition de nuit grandeur nature sur les Champs-Élysées. Nous sommes alors prêts pour le grand jour.

"La veille on ne dort pas très bien"

Mes parents sont venus la première année, et j'ai des amis qui ont plaisir à me voir en grande tenue et qui viennent régulièrement. Vu qu'ils sont dans la foule ils ont parfois du mal à nous trouver dans le paquet, et de notre côté cela va trop vite pour que nous puissions les repérer dans la foule. Mais ça fait plaisir de savoir qu'ils sont là.

La veille, on ne dort pas très bien. Même après 8 ans, il y a de l'anxiété. On a envie que ça se passe dans les meilleures conditions. C'est comme un concours, on essaie d'être bon, de donner le meilleur de nous-mêmes."

Propos recueillis par Philippe Gril