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Démission de François de Rugy: comment l'ex-ministre se défend face aux nouvelles accusations de Mediapart

Le ministre de la Transition écologique François De Rugy a annoncé sur Facebook ce mardi qu'il a présenté sa démission au gouvernement.

Après une semaine de polémiques autour de repas fastueux lorsqu'il présidait l'Assemblée, François de Rugy a annoncé mardi sa démission du ministère de l'Ecologie, dénonçant un "lynchage médiatique" alors qu'il s'apprêtait à défendre le projet de loi énergie et climat. Emmanuel Macron a dit respecter la "décision personnelle" du ministre "pour qu'il puisse se défendre pleinement et librement".

Cela ne devait être qu'une réunion de travail "classique", mais l'entretien mardi matin à Matignon entre M. de Rugy et Edouard Philippe a en réalité acté la sortie du gouvernement de son N.2, englué dans une série de révélations.

Trente minutes avant de se présenter à l'Assemblée pour la séance de Questions au gouvernement où, contre toute attente, la démission n'a pas été abordée, François de Rugy a fait savoir par un communiqué qu'il se retirait, "trop attaché à l'écologie pour accepter que (notre) action écologique soit affaiblie par des mises en cause personnelles incessantes".

"La mobilisation nécessaire pour me défendre fait que je ne suis pas en mesure d'assumer sereinement et efficacement la mission que m'ont confiée le Président de la République et le Premier ministre", a encore mis en avant l'ex-ministre. 

Une plainte en diffamation

François de Rugy, âgé de 45 ans, s'est aussi indigné contre "la volonté de nuire, de salir, de démolir" de Mediapart qui a en premier dévoilé mardi dernier des agapes dispendieuses lorsqu'il était président de l'Assemblée entre juin 2017 et septembre 2018. En ce sens, le député de Loire-Atlantique a affirmé avoir "déposé ce matin (mardi) une plainte pénale en diffamation" contre le site d'investigation.

Dénonçant des attaques sur la base de "photos volées, de ragots, d'approximations, d'éléments extérieurs à ma fonction", il s'est aussi dit "soumis à un feu roulant de questions nouvelles et contraint de parer sans cesse à de nouvelles attaques". 

Les nouvelles révélations de Mediapart

François de Rugy aurait utilisé ses frais de mandat de député pour payer une partie de ses cotisations d'élu à son ancien parti EELV, tout en les déduisant du calcul de ses impôts, selon la dernière enquête de Mediapart publiée mardi, et qui semble avoir précipité sa démission.

Parue quelques minutes après l'annonce du départ du ministre de l'Ecologie, l'enquête détaille deux versements pour un total de 9.200 euros qu'il avait effectués au profit du parti écologiste, en 2013 et 2014, depuis le compte sur lequel il percevait son indemnité représentative de frais de mandat (IRFM), en tant que député.

François de Rugy aurait déduit ces versements du calcul de son impôt sur le revenu au titre de l'année 2015, selon son avis d'impôt consulté par Mediapart, qui indiquait qu'il n'avait pas réglé d'impôts cette année-là.

"Aucune indication que des règles aient été transgressées"

L'information a été plus forte que la communication", a déclaré le journaliste de Mediapart Fabrice Arfi auteur de l'enquête. "Mediapart n'a fait que son travail et continuera de le faire", a souligné le journaliste. "La démission de M. Rugy, qui n'appartient qu'à lui et au gouvernement, montre une chose: l'information a été plus forte que la communication".

"Nous n'avons aucune indication que des règles aient été transgressées" a déclaré mardi la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye. "Ce n'est pas parce qu'il y a des articles, ce n'est pas parce que des médias le disent, qu'il faut le croire forcément", a-t-elle ajouté depuis son ministère, en se disant "très attachée à (...) ce qu'il (M. de Rugy) puisse se défendre librement".

La démission de M. de Rugy ouvre une nouvelle période de vacance au ministère de l'Ecologie, 11 mois après la démission fracassante de Nicolas Hulot et alors qu'Emmanuel Macron a fait de la préservation de l'environnement l'un des marqueurs forts de la suite de son quinquennat. 

Le ministre démissionnaire devait défendre au Sénat dans l'après-midi le projet de loi énergie et climat, qui décrète "l'urgence climatique" mais laisse les organisations environnementales sur leur faim. Il pourrait être remplacé dans l'hémicycle au Palais du Luxembourg par sa secrétaire d'Etat Emmanuelle Wargon.

La rédaction de RMC (avec AFP)