RMC

Des jeunes au chevet des sans-abri à Marseille: "Ils viennent avec plaisir et voient qu'il n'y a pas qu'eux qui souffrent"

A Marseille, des enfants se démènent pour venir en aide aux plus démunis. Des enfants, de 8 à 14 ans, eux-mêmes aidés par le Secours Populaire, assurent des maraudes tous les mercredis à 19h30 sur la Cannebière.

Un an après le lancement par le gouvernement du plan pauvreté à 8,5 milliards d'euros, le Secours Populaire lance ce jeudi sa campagne "Pauvreté-Précarité" et publie un sondage Ipsos sur la pauvreté. Un chiffre est particulièrement marquant, 82% des enfants interrogés veulent devenir acteur de solidarité et souhaiteraient eux-même agir pour aider les autres. Les 8-10 ans sont encore plus nombreux: 88% !

A Marseille, des enfants, âgés de 8 à 14 ans, eux-même aidés par le Secours Populaire, assurent des maraudes tous les mercredis à 19h30 sur la Cannebière. Ils distribuent à boire et à manger, grâce aux dons des commerçants du quartier.

"C'était mieux que des vacances"

Une fois par semaine, une douzaine d'enfants viennent aider Djaouida, bénévole au Secours Populaire. Une heure de maraude pour distribuer de la nourriture aux sans-abri. Pendant l'été, Hamza, 9 ans, est même venu tous les jours.

"C'était mieux que des vacances parce qu'on avait des sorties aussi, mais je préférais quand on venait ici le soir. On leur donne plein de choses, parce que nous on doit partager et on aime le sourire des gens."

La présence et l'énergie de ces jeunes égayent la journée de Nathalie, qui dort chaque soir dehors. "Ca apporte le bonheur, ça apporte la joie, la gaieté. Il y a tout", sourit-elle. 

"Ils voient qu'il n'y a pas qu'eux qui souffrent, qu'il y a plus démunis qu'eux"

Face à cette misère, ces enfants s'indignent. Mais Nigare et Ibath, deux collégiennes ne désespèrent pas pour autant.

"Ce que je me dis c'est si je le fais tous les jours, l'an prochain peut-être qu'il n'y aura plus de gens par terre qui doivent demander de l'argent. Et on est très fiers de ce qu'on fait."

Et elles ne sont pas les seules. Djaouida est aussi très fière de transmettre son sens de l'engagement.

"Ils aident ils viennent avec moi avec plaisir. Ils voient qu'il n'y a pas qu'eux qui souffrent, qu'il y a plus démunis qu'eux."

Quand on leur demande ce qu'ils rêvent de faire plus tard, la réponse tombe comme une évidence: "On rêve... d'être bénévole" !

Caroline Philippe (avec J.A.)