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Diversité: êtes-vous plus tolérants?

Pour la journée internationale du vivre-ensemble de jeudi, un sondage montre que 81% des Français considèrent que la diversité est une bonne chose, des chiffres en hausse.

Jeudi se tiendra la journée internationale du vivre-ensemble. A cette occasion, l’association Fraternité générale, qui milite en faveur de la diversité, organise dans une dizaine de villes en France des "dîners en couleurs".

Chacun est invité à s’habiller de vêtements colorés et à apporter un plat de sa région pour un moment de partage et d’échange. Selon une enquête commandée par le Labo de la diversité, 81% des Français considèrent que la diversité est une bonne chose.

Et plus de la moitié des sondés par Opinion Way se disent prêt à échanger et agir avec des personnes dont les origines sociales, les convictions religieuses ou les origines ethniques sont différentes des leurs. Plus d’un tiers estiment aussi que l’on peut faire confiance à la plupart des gens. Et toutes ces données sont en hausse par rapport à l’an dernier.

Plus de tolérance = plus de justice sociale ?

Rien d’étonnant, selon le philosophe Abdennour Bidar, président de l’association Fraternité générale. Selon lui, en France, la menace des attentats existe toujours, mais on le sentiment d’être sorti de cette période. Les tensions sont moins vives, les peurs aussi. Mais tout ça, c’est l’idéal, le théorique. Et ce n’est pas si simple, dans la vie quotidienne, de mettre en pratique, de se mélanger, d’échanger sans crainte ni a priori.

"Comment est-ce que, malgré tout, la confiance, ou la foi que l'on met en nos valeurs va se transformer en actes ? En capacité à aller vers l'autre à surmonter ses peurs, ses préjugés. Et notre capacité à refaire une société plus juste car nous sommes dans un déficit de justice sociale."

Des volontés, et des actes aussi ?

Preuve qu’il y a encore du chemin à faire, selon la même enquête, seuls 46% des Français disent agir ou collaborer avec des personnes d’une génération différente. Et ce chiffre chute quand il s’agit de milieux sociaux différents, de couleurs de peau différente. C’est encore un peu moins quand c’est la religion, l’ethnie ou l’orientation sexuelle. Pour les réfugiés, on chute même à 12%.

Pourquoi ? Par manque d’occasion ou de temps selon la plupart des personnes interrogées. Chacun reste dans son couloir, sans chercher à se rencontrer. Voilà donc pourquoi ces dîners en couleurs sont organisés, une occasion comme une autre d’échanger, de se forcer à aller vers l’autre, ne plus avoir peur de la différence. Rendez-vous demain à Lyon, Nice, Aix-en-Provence, Nîmes, Toulouse, Carcassonne, Montpellier, Cayenne, aux Lilas et à Paris.

Matthieu Rouault