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A Paris, les rythmes scolaires ne convainquent pas les enseignants: "Les élèves sont plus fatigués"

D'après un sondage du syndicat enseignant Snuipp réalisé auprès de 800 instituteurs parisiens, 98% d'entre eux estiment que les objectifs de la réforme des rythmes scolaires ne sont pas atteints. Fatigue, difficultés d'apprentissage, les conséquences se font sentir sur les élèves.

Pour les enseignants parisiens, les nouveaux rythmes scolaires sont un échec. Semaine trop chargée, élèves fatigués, apprentissage en berne et difficultés de comportement sont les principales constatations des 800 instituteurs parisiens interrogés. D'après ce sondage, pour 98% d'entre eux les objectifs des nouveaux rythmes scolaires mis en place à Paris à la rentrée 2013-2014 n'ont pas été atteints.

Dans cette école du 19e arrondissement de Paris où s'est rendue RMC, Finé, 6 ans sort d'une après-midi d'activité, du feutre sur les mains. "J'ai joué, j'ai dessiné", raconte le petit garçon. Désormais dans les écoles publiques de la capitale, deux après-midi par semaine sont consacrés aux activités périscolaires, le mercredi matin est également travaillé. Une semaine à rallonge que déplore Fanny, la maman de Finé.

"C'est vraiment compliqué pour lui. Il est hyper énervé, le matin quand il arrive et le soir. Cinq jours dans la semaine, toute la journée, c'est épuisant", constate cette mère de famille.

Des élèves s'endorment en classe

La fatigue des élèves est la principale conséquence relevée par enseignants, avec parfois des enfants qui décrochent, épuisés. "Un élève tous les lundis et jeudis après-midi dormait sur sa table, à partir de 14 heures, il s'écroulait", raconte Maxime, enseignant dans une classe de CE1. D'autres effets des rythmes scolaires se font également sentir sur les enfants. "Les leçons sont moins bien apprises", constate l'enseignant qui a également remarqué "beaucoup de bagarres". 

Pour le SNUIPP, les changements dans l'organisation de la semaine ont montré leur inefficacité. "L'objectif de la réforme était de permettre aux élèves de mieux apprendre sur le temps scolaire, nos collègues estiment que ce n'est pas le cas, les élèves qu'ils ont en face d'eux sont plus fatigués", regrette Jérôme Lambert, secrétaire départemental du syndicat. Le syndicat demande au ministère de l'Education nationale de réécrire la réforme des rythmes scolaires. 

C. B avec Quentin Pommier