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Apprentissage: quand une entreprise crée sa propre classe d'apprentis

Le gouvernement lance ce vendredi une concertation sur l'apprentissage. Parmi les pistes étudiées pour doper l'apprentissage, le gouvernement veut davantage associer les entreprises aux cursus pédagogiques. RMC s'est rendue dans une usine à Chambéry qui a tout simplement créé sa propre classe.

Après la réforme du Code du Travail, place à la réforme de l'apprentissage. Le gouvernement lance ce vendredi une concertation sur l'apprentissage. L'objectif est de le "développer massivement", surtout pour les moins de 25 ans afin de lutter contre le chômage des jeunes. Pour doper l'apprentissage, le gouvernement voudrait donc associer davantage les entreprises aux cursus pédagogiques. Et certaines entreprises le font déjà, à l'image de l'usine SKF-Transrol de Chambéry dans laquelle RMC s'est rendue.

Mevlut a trouvé la bonne place. A 18 ans, il suit une formation d'opérateur mécanique dans une usine d'outillage de précision, un métier très recherché. Avec à la clé à coup sûr, un emploi et ça le motive: "On se donne plus. Comme on a une chance d'être embauché, on se donne plus pour travailler plus et apprendre plus", juge-t-il.

Pas de candidat en apprentissage classique

Son entreprise SKF-Transrol a en fait créé il y a un mois sa propre classe avec 6 élèves en apprentissage, qui deviendront ses salariés dans quelques mois. Car avec l'apprentissage classique, la société n'arrivait pas à en trouver. Guillaume Vitel est son directeur des ressources humaines: "Pour trouver les six candidats en classe d'apprentissage, c'est déjà une lourde tâche tellement le secteur d'activité est soit méconnu, soit n'attire pas. C'est un de nos principaux problèmes".

Ici, l'apprentissage permet aussi à des salariés plus âgés de se reconvertir. Comme Patrice, 45 ans, un ancien militaire: "C'est rassurant et puis on apprend sur les machines sur lesquelles on va travailler, ça permet de voir les conditions de travail, l'ambiance de travail pour voir si on a fait le bon choix".

Si l'essai est concluant, cette entreprise envisage de créer une deuxième classe d'apprentis au printemps 2018.

Gwenaël Windrestin (avec P.B.)