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Augmentation des enseignants: "On essaie d'acheter la paix sociale pour 2017"

Les enseignants du primaire vont voir leur prime annuelle augmenter.

Les enseignants du primaire vont voir leur prime annuelle augmenter. - Charly Triballeau - AFP

Les journées de la refondation de l'Ecole de la République s'ouvrent ce lundi et se termineront mardi par un discours de Manuel Valls. Il devrait revenir sur l'augmentation de la prime accordée aux enseignants du premier degré, annoncée par Najat Vallaud-Belkacem. Mais dans le cortège du 1er mai, les enseignants ne sont pas dupes.

"Les professeurs des écoles vont être augmentés" a promis Najat Vallaud-Belkacem. Une augmentation qui passera en réalité par la revalorisation d'une prime annuelle. Actuellement à 400 euros, elle devrait être alignée sur celle des enseignants du secondaire qui touchent une prime annuelle de 1.200 euros.

Dans le cortège des manifestants du 1er mai, Thierry, enseignant en CM1 et douze ans d'ancienneté salue cette prochaine augmentation. "Par rapport à mon salaire qui est d'un peu moins de 2.000 euros, c'est quand même une somme importante", constate l'enseignant. Mais pas question pour autant de se réjouir trop vite.

"Maintenant, on demande l'intégration de ces indemnités au salaire, parce que le salaire est comptabilisé dans la retraite, alors que les indemnités ne le sont pas", déplore-t-il.

"On nous donne une aumône"

Marie, professeur des écoles depuis près de 30 ans a fait le même calcul. "On nous promet une jolie prime, c'est bien, sauf qu'on n'augmente pas notre salaire, il est bloqué depuis 2010", regrette cette enseignante qui gage aujourd'hui 2.300 euros net mensuels. 

En moyenne, les enseignants du primaire sont payés chaque mois 350 euros moins cher que leurs homologues du secondaires. Pour Marie, le geste du gouvernement n'est qu'un calcul politique.

"On n'est jamais écouté et on nous donne une aumône. En nous donnant une prime comme ça, je pense qu'on essaye d'acheter des voix, on essaye d'acheter la paix sociale, les élections se profilent en 2017...", note l'enseignante. 

Le vote des enseignants est crucial pour la gauche. Au deuxième tour de l'élection présidentielle de 2012, près de 80% des professeurs avaient choisi François Hollande. C'était le cas de Martine, professeure des écoles à Pavillon-sous-Bois en Seine-Saint-Denis qui dresse aussi un bilan sans appel de sa politique en matière d'éducation.

"Le mercredi matin travaillé est un échec absolu (...). La réforme des programmes est tout sauf claire. A la rentrée prochaine nous devons appliquer des programmes et nous ne savons pas comment nous allons les appliquer parce qu'on ne sait pas ce qu'ils contiennent tellement ils sont flous", regrette-t-elle. Malgré la prime, en 2017 elle ne votera pas pour François Hollande s'il se représente, "ni au premier tour, ni au second tour". 

C. B avec Claire Checcaglini