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Avec Macron, les maires pourront abroger la réforme des rythmes scolaires: "ça va alléger mon budget"

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Dans son programme pour l'Education nationale, Emmanuel Macron veut donner la possibilité aux communes qui le souhaitent de sortir de la réforme des rythmes scolaires. Une liberté vue d'un très bon œil par certains édiles, comme Jean-Michel Fourgous, maire Les Républicains d'Elancourt, dans les Yvelines, qui dénonce sur RMC.fr une mesure "coûteuse et inefficace".

Jean-Michel Fourgous, maire Les Républicains d'Elancourt, dans les Yvelines (25.958 habitants). Il a toujours été opposé à la réforme des rythmes scolaires.

"Il est évident que ce que propose Emmanuel Macron, c'est une bonne mesure. Cette réforme, nous voulons l'abandonner. A Elancourt, dès que ce sera possible, nous repasserons à la semaine de 4 jours. Ce que propose Emmanuel Macron, c'était dans le programme des Républicains, tant mieux.

Cette réforme des rythmes scolaires qu'on nous a imposée est inefficace. On nous avait dit que les enfants seraient moins fatigués, c'est exactement le contraire. Les chronobiologistes plaident pour une coupure le mercredi et pour qu'il y ait moins d'heures dans la journée. Ce qu'ils nous disent surtout, c'est qu'il faudrait étendre davantage les cours sur l'année. Or, aucun gouvernement n'arrive à gérer les fédérations de loisirs et de tourisme pour modifier les vacances scolaires. Donc ce n'est pas une réforme des rythmes scolaires qu'on nous a imposée, mais une réforme de la garderie.

"Ça coûte 400 euros par élève, loin des 150 annoncés"

En plus d'être inefficace, elle est coûteuse. Moi, j'ai embauché 180 animateurs en plus, alors que dans le même temps l'Etat a baissé ses dotations à la commune de 20%. On nous avait annoncé un coût de 150 euros par élève, mais en réalité ça coûte 400 euros par élève.

On nous avait aussi dit que ce serait égalitaire. Mais si dans les communes riches vous avez des cours de violon, de piano, d'équitation…, dans les communes pauvres, vous avez de la balle au prisonnier, de la garderie, de la télévision et pour les plus jeunes de la pâte à modeler. Franchement, avoir mis le bazar dans toutes les villes de France pour ça…

"Une réforme ringarde qui n'améliore pas le niveau des élèves"

Et puis, ce n'est pas avec une telle mesure qu'on améliore le niveau des élèves, il n'y a qu'à regarder la dégringolade de la France au classement PISA. Ce qu'il faut, c'est augmenter le plaisir d'apprendre des élèves et le plaisir d'enseigner des professeurs. C'est comme ça qu'on augmente la réussite, c'est ça qui améliorera notre classement PISA.

La pédagogie magistrale à l'ancienne c'est fini, maintenant on est dans le collégial. Les élèves travaillent ensemble, échangent entre eux ; les profs préparent les cours ensemble. C'est ça qu'il faut viser, c'est ça la modernité, et pas cette réforme ringarde sortie par quelques archaïques de l'Education nationale. Il faut augmenter la liberté des équipes pédagogiques, ce qui donne de la confiance. Si on vous impose tout le temps des réformes et des façons de faire, ça vous démotive. Enfin, il est essentiel d'impliquer les parents.

Donc encore une fois, c'est salutaire d'écarter définitivement cette réforme. Ça va alléger les coûts pour la commune. Et tant mieux s'il y en a qui veulent la garder, Emmanuel Macron a raison de laisser cette possibilité. C'est ça l'intérêt général."

Propos recueillis par Philippe Gril