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Comment calmer l'angoisse de la rentrée que ressentent certains enfants?

Une école à Lyon, à la rentrée 2021

Une école à Lyon, à la rentrée 2021 - JEFF PACHOUD / AFP

Pour la psychiatre Aurélia Schneider, l'empathie et l'écoute sont primordiales de la part des parents pour aborder au mieux la rentrée des classes.

Deux jours avant la rentrée, le stress monte. Si pour certains, la rentrée des classes est synonyme de retrouvailles avec ses camarades, d'impatience à l'idée de découvrir sa nouvelle classe ou son emploi du temps, pour d'autres, c'est une véritable épreuve. Chaque année des écoliers abordent la rentrée avec une boule au ventre. Un sentiment d'angoisse fréquent, que décrypte la psychiatre Aurélia Schneider, invitée de BFMTV ce mardi.

"Je pense que c'est surtout de l'anxiété de performance qui intervient, de tout le monde: les parents ont envie que l'année se passe bien, que les enfants n'aient pas de soucis à l'école... Et les enfants ont envie de satisfaire leurs parents, d'être avec leurs copains. Il y a beaucoup de choses qui sont cristallisées", explique la psychiatre.

Faire preuve d'empathie

Face à cette situation, une solution selon le docteur Schneider: essayer de ne pas trop se mettre d'exigences à l'approche de la rentrée. Et surtout, faire preuve d'empathie plutôt que de minimiser les déceptions potentielles. Tenter de comprendre par exemple, lorsque l'enfant est triste à l'idée de ne pas être dans la même classe que ses amis, ou déçu de son nouvel enseignant.

"En tant que parent on prend du recul, on a envie de dire 'c'est pas grave', mais non, il vaut mieux lui conseiller d'attendre un peu, d'observer, et si jamais il y a des problèmes on ira voir l'enseignant, on est là. Il faut assurer de sa présence, c'est le plus important", assure-t-elle.

Une présence rassurante primordiale, pour éviter "l'effet boule de neige" de l'anxiété, où la crainte des enfants se répercute sur les parents et inversement. Le docteur Schneider conseille également d'éviter de se comparer aux autres. Un conseil à appliquer aussi bien pour les enfants que pour les parents.

L'influence du Covid

Enfin en cette période de rentrée, la psychiatre remarque de possibles conséquences des confinements. Et ce, particulièrement sur les écoliers plutôt réservés, qui ont trouvé une sorte de réconfort dans l'isolement à domicile. Pour eux bien souvent, le déconfinement et la reprise du contact social ont pu se révéler compliqués.

Des petits rituels peuvent alors tout à fait aider à aborder plus sereinement cette rentrée. Pas seulement un cartable ou des fournitures neuves, mais une vieille trousse, un objet qui sera important pour l'enfant, voire réconfortant. Juste avant la rentrée, et spécifiquement pour les enfants les plus timides, il faut "enclencher une réadaptation au milieu social qu'est la cour d'école".

Louis Augry