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Dans cet établissement, les primaires sont intégrés au collège pour faciliter l'entrée en 6e

Un amendement dans le projet de réforme de l'école étudié à partir de ce lundi à l'Assemblée nationale prévoit de permettre regrouper des classes du cycle élémentaire pour les intégrer à certains collèges. Avec un double objectif: sauver des classes et faciliter l'entrée dans le secondaire.

Instruction obligatoire dès 3 ans, refonte de l'évaluation, rôle étoffé des surveillants... Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale, va défendre son projet de loi "sur l'école de la confiance". Le texte arrive ce lundi à l'Assemblée nationale.

Et parmi les nouveautés, un amendement a été adopté la semaine dernière en commission. Il prévoit de donner la possibilité de regrouper certaines écoles avec un collège au sein d'un même établissement public local d'enseignement.

Des expérimentations concluantes

L'Education nationale assure que ces regroupements permettraient de sauver des classes menacées par un trop faible nombre d’élèves. Cela doit aussi faciliter le passage en 6e pour les élèves. Les syndicats, eux, craignent que cela n'aboutisse à la fermeture des petites écoles et que cette mesure ne soit adoptée que dans une logique d'économies.

Des expérimentations ont déjà été lancées ces dernières années comme à l'Isle-Jourdain dans la Vienne. Depuis la rentrée, deux classes de l'école primaire sont installées au collège René Cassin. Une expérience qui semble concluante.

"Ca nous habitue à être avec les grands"

6 heures par semaine, ces élèves ont face à eux non pas leur institutrice habituelle, mais un professeur du collège. Et ça ne semble déranger ni Kylian, ni Sasha, élèves en CM2.

"C'est bien pour être prêts pour l'année prochaine. Ca va être plus facile parce qu'on s'entraîne déjà avec les profs", selon Kylian. "La différence c'est qu'on est avec les grands, ça nous habitue à être avec eux, ça nous prépare à arriver dans le collège". 

Ce rapprochement entre l’école et le collège a commencé il y cinq ans. Et les progrès des élèves sont visibles, constate Isabelle Teneau, la professeur de maths.

"On peut gagner un peu de temps en 6e par rapport à ceux qui n'ont pas bénéficié du dispositif. Ils sont un peu plus autonomes, ils ont pris des habitudes de travail."

"Aucun retour négatif de la part des parents concernés"

Risque de violences entre les élèves, différences d’âges trop importantes… certains parents n’étaient pas rassurés par ce déménagement. Mais pour Marie Teulière, la principale, les craintes ont été levées.

"On est très contents de l'expérimentation car nous n'avons pas eu un seul souci à déplorer. Les horaires sont décalés, les petites récréations aussi. Nous n'avons aucun retour négatif de la part des parents concernés."

Fort de ce succès, l’académie de Poitiers envisage un second rapprochement entre une école et un collège dans le département.

Nicolas Ropert (avec James Abbott)