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Grogne des écoles rurales: "Le sentiment d’abandon pour nos habitants se renforce un peu plus"

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De plus en plus d'enseignants d'écoles primaires quittent les zones rurales pour les zones d'éducation prioritaires pour répondre à la réforme du dédoublement des CP et des CE1.

Les écoles rurales grognent, s'estimant sacrifiées par la réforme sur le dédoublement des CP et CE1 en zone d'éducation prioritaire. Comme chaque année, les recteurs répartissent actuellement les postes d'enseignants pour chaque département, en tenant compte des évolutions démographiques. Mais cette année, il faut trouver 7.200 enseignants pour permettre le dédoublement des classes en zone urbaine prioritaire, selon le chiffrement des syndicats. Hors les 3.600 créations de postes ne sont pas suffisantes: les recteurs doivent donc aller chercher dans les écoles rurales. Des fermetures de classes sont prévues dans de nombreux départements, provoquant la fronde dans les zones lésées.

Dans la Sarthe, une quarantaine de suppressions de classes est prévue en milieu rural: "On a un président de la République qui s’était engagé à ne fermer aucune école. Et au bout de 6-8 mois on se rend compte qu’on se retrouve encore avec une ruralité qui devient une variable d’ajustement et qui va fournir le vivier nécessaire d’enseignants pour aller en zones urbaines pour les classes dédoublées. Le sentiment d’abandon prégnant pour nos habitants se renforce un peu plus", estime Dominique Dhumeaux, le maire de Fercé-sur-Sarthe, également vice-président de l'association des maires ruraux de France.

"C’est lié à la démographie"

Une décision logique pour Samuel Auxerre, secrétaire général du Groupement de défense des idées des directeurs d'écoles, qui estime que les communes rurales sont tout simplement victimes de la désertification et du manque d'élèves dans leurs écoles.

"Les maires ruraux défendent leurs écoles et c’est tout à fait normal puisque c’est un des derniers services publics qui restent parfois dans cette zone-là. C’est eux qui vont être touchés parce que en effet ce sont de plus petites écoles. S’il faut fermer des classes, il est logique que ce soit là où il y a le moins d’élèves. C’est lié à la démographie", assure-t-il.
Victor Joanin (avec G.D.)