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Ils enlèvent leur enfant du public pour le mettre dans le privé: "La raison principale ce sont les grèves"

Une école primaire à Bordeaux en septembre 2016.

Une école primaire à Bordeaux en septembre 2016. - MEHDI FEDOUACH / AFP

De plus en plus de parents sont séduits par l'école privée. Dans le secteur de l'enseignement catholique, les effectifs ont grimpé de 0,8% à la rentrée 2016, pour une part globale de 20% des élèves de France. Pourquoi de plus plus en plus de parents franchissent le pas? Voici le témoignage d'une maman d'un enfant scolarisé en maternelle.

Marie, 27 ans, pâtissière (Andrézieux-Bouthéon, Loire).

"Quand on a déménagé dans une nouvelle ville, le choix s’est posé: école privée ou école publique? Mon conjoint et moi travaillons tous les deux. Et en petite section de maternelle, pour notre enfant, ça a été une année catastrophique. Pleins de grèves, des professeurs pas du tout sympas avec les enfants, des problèmes quand ils partaient en cours de sport sur l’accompagnement, la cantine…

"Un parent chirurgien et une mère au foyer vont payer la même chose"

Il y a même une fois où la nounou est allée à l’école avec mon fils, elle s’est retrouvée devant une porte close. On lui a dit que le maîtresse était malade, qu’il n’y avait aucun remplaçant. Et que les parents devaient se débrouiller. On a donc décidé d’aller dans une école privée pour la rentrée suivante, en grande section maternelle. Et là, il y a toujours une personne à l’entrée surveillant qui rentre et qui sort. 

Je suis d’accord, dans le privé ils n’ont pas les mêmes moyens. Là, dans cette école, tout le monde paie la même chose. Un parent chirurgien et une mère au foyer vont payer la même chose. On paie 30 euros par mois, et ensuite il faut rajouter 10 euros par trimestre. C’est rien! Par contre il y a l’étude, ça nous coûte deux euros en plus. Pour moi, ça les vaut complètement.

"Certains préfèrent être plus loin quitte à ne pas être dans la même ville"

Beaucoup de parents ont fait le changement en même temps que nous. Certains préfèrent même être un peu plus loin, quitte à ne pas être dans la même ville. La raison principale évoquée, ce sont les grèves qui bloquent tout le monde dès qu’on travaille. Là, quoi qu’il arrive quelqu’un l’attend. Si un professeur est malade, l’élève est dispatché dans les autres classes. Et pourtant ils ne sont pas moins nombreux. Ils sont 30 dans la classe de mon fils, mais avec un professeur, une AS qui aide de temps en temps. Et pour deux élèves qui ont des petits retards, ils ont une personne qui les accompagne.

Ils découvrent aussi les autres religions. Les musulmans, les juifs, les bouddhistes, qu’est-ce que c’est ? Dans le public, mon fils n’a jamais eu ça. Normalement c’est peut-être là qu’il aurait dû voir le plus de choses comme ça. L’année dernière tous les élèves ont appris une chanson sur Marie, avec une cérémonie. Les parents sont venus pour accompagner, entendre leur enfant chanter, pourtant certains sont musulmans. Mais pour eux c’était participer à l’école, ouvrir leur enfant à d’autres cultures. Et pourtant chez eux ils font le ramadan, et ils ne mangent pas de porc à la cantine. Je trouve que finalement l’esprit du privé est moins restreint. Alors qu’à l’école public, qui se dit laïque, finalement ils s’emprisonnent là-dedans."

A.M.