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"La crèche devrait être obligatoire": vers un "droit à la garde d'enfant" avec indemnisation en cas d'absence de solution?

Le président de la République Emmanuel Macron, toujours pas officiellement candidat à sa réélection, a proposé l'idée d'un droit à la garde d'enfant jeudi. Ce qui ravit les parents, mais pas les élus locaux.

Une prise de parole qui ressemble beaucoup à celle d'un candidat en campagne. Emmanuel Macron a développé cette semaine ses idées sur le sujet de la petite enfance et de l’éternel dilemme de la garde d’enfant. Le chef de l'Etat est intervenu par visioconférence à l'ouverture du congrès national de la Fédération des acteurs de la solidarité.

Il a fait un bilan mitigé de son quinquennat dans ce domaine : "Près de 20 % des parents n'obtiennent pas de mode d'accueil, plus de 160.000 ne reprennent pas le travail faute de solution de garde pour leur enfant".

Il avait promis d’ouvrir 30 000 places en crèche en cinq ans. Ce ne sera que la moitié, la faute au "système, trop lourd", dit-il.

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Parents séduits, municipalités beaucoup moins

Alors Emmanuel Macron a fait une proposition: la création d’un droit à la garde d’enfant. Avec une indemnisation des parents en cas d’absence de solution. Une idée qui séduit les parents rencontrés à Alfortville, mais un peu moins les maires.

Asma est une jeune mère de famille, avec trois enfants. Et comme pour beaucoup de parents, quand il a fallu demander une garde, c’était lettre morte après l'inscription. Même scénario pour Lucile, mère du petit Marin, un an et demi:

"Là, en fait, on sait que la demande est en cours, mais on n'aura pas de place. Donc la solution, c'est crèche privée et on en a pour environ 1.000 euros par mois. Je n'imaginais pas un tel budget ni un tel manque d'accompagnement".

"La crèche devrait être obligatoire, comme l'école"

Alors quand le papa, Léon, entend cette idée de faire de la garde d’enfant un droit, il applaudit.

"La crèche devrait être obligatoire, comme l'école. C'est de trois à seize ans mais je trouve que ça devrait être de zéro à seize. Cela fait partie de l'éducation d'un enfant".

"Et avec quels moyens ?"

Voilà pour la volonté des parents, mais il y a la réalité vécue par les maires. Celui d’Alfortville, Luc Carvounas, par exemple, n’apprécie pas du tout ce genre de prise de position. Créer des milliers de places en crèche, ça ne se fait pas tout seul.

"Et avec quels moyens ? En 2008, c'est la dernière fois où on inaugurait une crèche. C'était autour de 15 millions d'euros d'investissement pour 62 berceaux, ça n'a pas résolu le problème des places en crèche."

Un investissement de 15 millions d’euros donc, quand cette année le budget dédié aux investissements dans cette commune du Val-de-Marne n'est que de 7 millions d’euros.

Thomas Chupin (avec J.A.)