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Le "proto", ce "gaz hilarant" qui fait fureur chez des jeunes, va-t-il être interdit à la vente?

Nombre de jeunes utilisent ce gaz bon marché pour ses effets "hilarants". Pourtant la consommation du "proto" n'est pas sans risque.

Généralement utilisé en cuisine pour faire fonctionner les siphons de crème chantilly, le protoxyde d'azote est de plus en plus détourné de sa vocation initiale. Les cartouches sont vendues sans aucune restriction dans les grandes surfaces comme sur internet. Et les plus jeunes n'hésitent pas à s'en procurer pour ses effets "hilarants" et "euphorisants".

Dans la ville de Loos, on les trouve désormais partout ces petites cartouches métalliques usagées ont envahi les trottoirs et les parkings. Christophe Delhaye, est le responsable des agents de voirie de Loos. "Il faut bien qu’on les ramasse. Des fois, on arrive sur des parkings comme celui-ci puis y a 150, 200 cartouches. On a ramassé 200 kg, c’est étalé sur toute la commune. C’est un fléau", affirme-t-il.

Un fléau qui touche de plus en plus les jeunes. Sur le parvis de ce lycée, le "proto", tout le monde connaît. Et les lycéens ont en grande majorité tous déjà consommé. "En soirée, c’est souvent", confie même l’un d’eux. 

À peine quelques euros la boîte de 10 cartouches, c’est aussi simple à utiliser. 

"C’est juste avec un siphon de chantilly, on met un ballon au-dessus ça sort le gaz dans le ballon et après, on inspire et on expire le gaz à l’intérieur. Son effet est immédiat, genre ça fait boum boum dans ton crâne. C’est planant, mais pas pendant longtemps du coup, on a envie d’en reprendre", explique Mélanie. 

Des risques pour la santé

Mais consommé régulièrement ou en quantité importante, le protoxyde d’azote peut être très dangereux. "Troubles neurologiques, respiratoires, cardio-vasculaire grave et définitif", énumère Valérie Létard, sénatrice centriste du nord-est à l’origine de la proposition de loi. 

Les autorités sanitaires ont dénombré 25 cas de complications sévères depuis le début de l’année. Onze, rien que dans les Hauts-de-France. 

"On veut interdire la vente au mineur dans les commerces et sur internet de punir demain l’incitation de l’utilisation du protoxyde d’azote dans son usage détourné. C’est-à-dire pour autre chose que pour la cuisine", affirme-t-elle. 

Mais il faudrait aller encore plus loin, souligne l’élue. Interpeller directement l’industrie agro-alimentaire pour qu’ils trouvent un substitut au protoxyde d’azote, sans risque pour la santé.

Marie Monier avec Guillaume Descours