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Lycées turcs en France: "Je dis non! Nous avons trop de gestes inamicaux qui nous viennent de Turquie", assure Jean-Michel Blanquer

Le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer a dénoncé le projet d'implantations de lycées turcs en France, dénonçant les velléités d'expansion du pouvoir en place.

Les lycées français de l’étranger font des émules. En effet, le 3 mai dernier, Le Point révélait la volonté du président turc Recep Tayyip Erdoğan, d’ouvrir des lycées turcs en France. Une annonce qui intervient après la visite dans plusieurs établissements français de Turquie, de fonctionnaires d’Ankara venus contester la légalité de la scolarisation d’enfants turcs dans ces lycées.

Et visiblement les velléités turques ne plaisent que moyennement au gouvernement français. Vendredi, Jean-Michel Blanquer le ministre de l’Éducation a dénoncé ce projet, évoquant la "logique particulière" actuelle de du pays: "La Turquie a tourné le dos à la laïcité qui a caractérisé son histoire pendant des décennies. Elle est dans une logique de fondamentalisme islamiste et d’expansion", a-t-il expliqué sur RMC ce vendredi.

Un pouvoir turc "agressif" et "autoritaire"

"Je dis non à ce projet parce que nous avons trop de gestes inamicaux qui nous viennent de la Turquie et trop d’inquiétudes sur ce que font les autorités turques vis-à-vis des communautés turques en France", a martelé Jean-Michel Blanquer.

"Si nous avions un état neutre sur le plan idéologique et religieux et qui ne cherche pas cette logique d’expansion, bien entendu il y aurait des possibilités de discuter, mais ça n’est pas la situation actuelle", a-t-il ajouté dénonçant un pouvoir turc "agressif" et "autoritaire".

"Règles de vigilance"

Le ministre de l’Education a répété qu’il n’était pas opposé aux établissements internationaux en France, regrettant les pressions des autorités turques sur les établissements français, obligeant la République française à définir "des règles de vigilance". Jean-Michel Blanquer a également assuré avoir discuté du sujet avec le ministre de l’éducation turc.

Une délégation turque doit se rendre en France les 20 et 21 mai prochains pour observer les lycées internationaux déjà implantés dans le pays. En Turquie, les lycées français connus pour accueillir de nombreux enfants d’expatriés, scolariserait également ceux de dirigeants de l’AKP, le parti de Erdoğan au pouvoir, assure Le Point.

Bourdin Direct (avec G.D.)