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Mise en examen d'un prof soupçonné d'agression sexuelle: "Il a commencé à me caresser les cheveux, le torse"

TEMOIGNAGES RMC - Un enseignant de 53 ans a été mis en examen mercredi pour des faits d'agressions sexuelles sur mineur. Déjà condamné par le passé, il était en poste dans un lycée privé de Chartres depuis le mois de septembre dernier. Après avoir sympathisé avec la famille d'un jeune garçon de 15 ans, il l'a entraîné chez lui avant de l'agresser, comme l'expliquent, ce vendredi, le père et le fils.

A Chartres, l'histoire rappelle celle de Villefontaine en 2015. Un enseignant de 53 ans a été mis en examen mercredi pour des faits d'agressions sexuelles sur mineur. Déjà condamné par le passé, il était en poste dans le lycée privé Notre Dame à Chartres (Eure-et-Loir) depuis le mois de septembre dernier et avait gagné la confiance de la famille de son élève de seconde. Il enseignait les lettres modernes et avait proposé ses services pour des cours particuliers à domicile.

"Il a commencé à venir sur moi…"

Progressivement il était devenu un ami de la famille. Jusqu’au jour de l’an. Il est invité à fêter la nouvelle année dans la famille de son élève. Puis il prétexte un travail manuel pour emmener le lycéen de 15 ans chez lui à une quarantaine de km et c’est là qu’il va avoir des gestes et des paroles déplacés. "Arrivé dans la voiture, on se fait la bise, la bise de fin d'année, témoigne le lycée ce vendredi sur RMC. Il commence à me poser des questions: Si je me masturbais? Si oui, combien de fois? Il me propose aussi de jouer à un jeu de questions gênantes".

"Puis on arrive chez lui et je réalise que le portail qu'il voulait qu'on répare ensemble, celui pour lequel j'étais venu chez lui, est en parfait état, poursuit l'adolescent. Ça m'étonne. On s'assoit dans le salon. Il m'a proposé un alcool fort... J'ai refusé. Et ensuite il a commencé à venir sur moi. Il voulait que je m'endorme sur lui. Ensuite, il a commencé à me caresser les cheveux, le torse… Il m'a fait des bisous dans le cou. Je lui sors des excuses, de fausses excuses pour pouvoir aller me coucher. Il trouve des prétextes pour que je reste avec lui..."

"Je le vois sur moi… Il me chantait une chanson à l'oreille"

"J'étais inquiet, se souvient encore le lycéen. Il me sort mot pour mot: 'Je sais que je suis chiant mais tant pis j'en profite'. Je décide de ne pas dormir parce que je savais pas ce qu'il pouvait faire. Malgré ça, je m'endors... Je le vois sur moi. Il me chantait une chanson à l'oreille, je ne sais plus trop quoi… Il me demande si je veux aller à la messe. Evidemment je refuse. Je prétexte un mal de tête pour rester au lit et pouvoir me tirer de chez lui. Il sort pour aller à l'église. Je m'habille, je pars. Je suis parti de chez lui quasiment à l'heure où il rentrait. Du coup ma seule peur était de le croiser…"

De son côté, le père du lycéen agressé se sent trahi par un homme en qui il avait confiance. "Il a gagné notre confiance. Il donnait des cours au lycée Notre Dame. On a confiance en cet établissement donc on avait confiance en ce monsieur, assure-t-il sur RMC. Il se propose de donner des cours de soutien à notre fils. Pourquoi pas? S'il peut se déplacer et donner des cours à nos enfants, c'est avec grand plaisir. Si c'est pour améliorer ses notes..."

"Comment peut-on mettre un loup dans la bergerie comme ça?

"On le trouvait gentil et sympa donc on l'invitait à déjeuner après les cours de soutien, rapporte encore ce père de famille. Petit à petit, on s'est lié d'amitié. On l'a invité pour la Saint-Sylvestre à la maison. Il en a profité pour dire à mon fils 'J'ai des travaux à faires et j'ai besoin d'un coup de main est-ce que tu peux venir avec moi pour m'aider demain'. Mon fils, avenant, gentil, étant en confiance, et sa mère n'y voyant pas d'objection, y va. Dans la voiture, il lui fait des caresses, des baisers dans le cou… Et après c'était parti…"

Il se dit aussi en colère contre une institution qui n'a pas su protéger son fils: "J'en veux beaucoup au système. Comment peut-on mettre un loup dans la bergerie comme ça? Etant déjà condamné deux fois, comment peut-il se retrouver au milieu d'adolescents sachant qu'il a une attirance pour les adolescents? Il s'est passé quelque chose de grave. Et ça aurait pu être encore plus grave. Donc, je pense qu'il faut alerter l'Education nationale sur le fait que les proviseurs, le rectorat doivent absolument avoir accès au dossier complet des professeurs qu'ils embauchent". Son fils ne dit pas autre chose: "L'important c'est que cet homme ne doit plus faire ce qu'il a fait à moi ou à d'autres jeunes. Qu'il soit radié de l'Education nationale."

M.R avec Marion Dubreuil et Benoît Ballet