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Pour sauver leur école, ils la mettent en vente sur le Bon Coin: "on ne comprend pas l'Education nationale"

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- - capture écran le Bon Coin

Des parents d'élèves ont récemment mis en vente l'école de la commune de Ternant (Nièvre) sur le Bon Coin car l'établissement est menacé de fermeture à la prochaine rentrée. Nathalie Thurel, déléguée des parents d'élèves de la commune, à l'initiative de l'annonce, estime sur RMC qu'il s'agit de leur dernière chance.

Ecole publique d'occasion à vendre, bon état, prix négociable. Sur le site de revente le Bon Coin une annonce surprenante (et évidemment factice) est en ligne depuis mardi: "école rurale du sud Morvan cherche repreneur privé". Ce sont des parents d'élèves de Ternant, commune de 200 habitants dans la Nièvre, qui ont lancé cette fausse annonce, pour sauver leur école primaire. L'Education nationale a en effet pour projet de fermer l'établissement à la prochaine rentrée par souci d'économie. Une décision doit être annoncée le 23 février.

Ce vendredi sur RMC, Nathalie Thurel, déléguée des parents d'élèves de la commune, explique les raisons d'une telle démarche.

"Il y a un ras-le-bol des familles par rapport à l'Education nationale. On ne nous demande pas notre avis alors que, comme nous sommes dans des milieux ruraux, si l'école devait fermer, pour nous, ce serait très compliqué d'emmener nos enfants à 15-20 kilomètres de la commune. Avec tous les arrêts, il y en a pour au minimum 45 minutes aller-retour. Et ça matin et soir… Pour des enfants en primaire ça serait beaucoup trop.

Mettre cette annonce sur le Bon Coin est notre dernière chance. On a déjà essayé de taper politiquement avec les maires. Mais les politiques ne peuvent pas plus soutenir une école menacée qu'une autre. Avec cette en vente sur le Bon Coin l'idée était de faire le buzz pour tenter de sauver l'école. Car si les enfants vont dans d'autres écoles, cela va créer des problèmes de sureffectif. Dans les établissements aux alentours, ils sont déjà 25 élèves par classe donc si on ajoute nos enfants cela va compliquer les choses pour les enseignants.

"On ne pense pas au bien-être des enfants"

Et pour les enfants qui ont des difficultés, ils auront de plus en plus de lacunes et les risques de se retrouver en échec scolaire sont plus grands. Aujourd'hui, on parle beaucoup de chiffres mais on ne pense pas au bien-être des enfants. Ça passe à la trappe…

On ne comprend pas la décision de l'Education nationale. On sait bien que les écoles dans les petites communes comme la nôtre ont des durées de vie limitées. Mais ce qui est incompréhensible c'est qu'ici les effectifs vont augmenter. Nous allons passer de neuf élèves inscrits cette année à 20 en 2020. Donc, vouloir la fermer alors qu'il y a une augmentation des effectifs, c'est quand même malheureux."

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- © capture écran le Bon Coin
Maxime Ricard avec Bettina de Guglielmo