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Réforme de l'enseignement des maths: la "méthode de Singapour", une technique miracle?

Le mathématicien et député LREM de l'Essonne et Charles Torossian, inspecteur général de l'éducation nationale remettent ce lundi leur rapport sur l'enseignement des mathématiques en France au ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer. Les élèves français peuvent-ils aimer les maths? Oui, mais il faut tout changer...

Fini le "5+5=10"? C'est aujourd'hui que Cédric Villani, mathématicien et député LREM de l'Essonne, et Charles Torossian, inspecteur général de l'éducation nationale, remettent au ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer, un rapport sur l'enseignement des mathématiques en France. Leur objectif: pointer du doigt nos forces et faiblesses pour améliorer l'apprentissage des chiffres dans nos écoles. 

Les deux auteurs du rapport se sont notamment inspirés des pratiques les plus efficaces et des études internationales. Et parmi elles, "la méthode de Singapour". Une technique d'apprentissage qui sonnerait presque comme une formule magique pour l'apprentissage des mathématiques dans la bouche de certains.

La pratique, la clé de la méthode

Ainsi, 120.000 enfants en France suivraient déjà cette méthode selon La librairie des écoles, seul éditeur qui propose un manuel de maths adapté. Comme à l'école Jacques Prévert, dans le quartier de l'Ariane, à Nice. L'idée est essentiellement de faire faire des maths aux jeunes élèves (presque) sans s'en rendre compte.

Si l'institutrice donne l'énoncé "classique" du problème à sa classe de CP, avec une histoire de jouets échangés, les élèves se mettent aussitôt à construire un train à l'aide de petits cubes. Ils dessinent ensuite des schémas et expliquent ce qu'ils font à voix haute. Les trois étapes clés de la méthode de Singapour comme l'explique Gaetanne Goffaux, leur institutrice:

"Ils passent par le concret avec les cubes, puis les images et on passe ensuite à l'abstraction, aux chiffres et aux symboles. Les enfants sont assez contents, ils ne sont pas du tout effrayer par les mathématiques". 

L'autre défi: former les instituteurs

Plutôt que d'apprendre par coeur certains opérations, la méthode de Singapour se base sur la pratique... et elle porterait déjà ses fruits.

"Les enfants reviennent toujours sur comment ils ont fait, quelle est la procédure... Ils comptent déjà jusqu'à 100 alors qu'ils ne sont qu'en CP et viennent de commencer. C'est sûr que cette méthode marche" s'enthousiasme Gaetanne Goffaux.

De quoi redonner le goûts du calcul aux petits Français, qui fin 2016, pointaient à la dernière place des pays européens (22e sur 22e) du classement TIMSS, qui évalue les performances des enfants de CM1 en maths. Mais pour que cette méthode soit efficace, il faut former les enseignants: à Singapour ils suivent 400 heures de formation aux mathématiques, contre moins de 100 en France.

Juliette Droz, Charlotte Peyronnet, Emma Arnau et X.A