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Un étudiant s'immole par le feu à l'université de Lyon: ce que l'on sait

L'étudiant de 22 ans qui s'est immolé à Lyon vendredi n'avait pas fait part de ses "difficultés personnelles" à l'université Lyon 2, a expliqué la présidente Nathalie Dompnier, tandis que des syndicats ont dénoncé "la précarité" de "la vie des étudiants".

Un étudiant de 22 ans originaire de Saint-Etienne s’est immolé par le feu devant le bâtiment du Crous à Lyon, vendredi. "Brûlé à 90%", le jeune homme a d’abord été traité sur place avant d’être transporté à l'hôpital. Sa vie est en danger, selon le procureur de la République de Lyon. Une enquête a été ouverte pour déterminer les raisons de son geste.

Avant de s’asperger d’essence, l’étudiant de l’université Lumière Lyon-II avait publié un message sur Facebook dans lequel "il évoque ses difficultés financières et se revendique de la lutte contre le fascisme et le libéralisme".

"Quand j'avais une bourse, 450 euros par mois, est-ce suffisant pour vivre?"

"Je vais commettre l'irréparable", prévenait le jeune homme sur les réseaux sociaux avant de tenter de se suicider. Dans ce message il précise qu'il vise le CROUS de Lyon, un lieu politique selon lui. Il évoque ensuite ses difficultés financières et se dit de la lutte contre le fascisme et le libéralisme.

Il détaille qu'il ne bénéficie plus de bourse étudiante. "Quand j'en avais une, 450 euros par mois, est-ce suffisant pour vivre?", interpelle-t-il. Il justifie son geste par des revendications politiques, accusant notamment. "Macron, Hollande, Sarkozy et l'UE" de "[l'avoir] tué".

Il ne touchait plus de bourse car il triplait (redoublait une seconde fois) sa 2e année de licence

Dans un communiqué, la présidente de l'université lui exprime son soutien ainsi qu'à ses proches. Elle déclare que l'équipe n'avait pas connaissance de "difficultés personnelles" concernant le jeune homme. Elle dépeint un étudiant très impliqué au sein des instances de l'établissement, et précise qu'il ne touchait plus de bourse car il triplait (redoublait une seconde fois) sa 2e année de licence.

La ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, s’est rendue à Lyon, samedi matin. Elle a fait part de "sa profonde émotion face à l’acte dramatique commis par l’étudiant". L’université Lyon-II a annoncé sur Twitter qu’elle mettrait en place une cellule psychologique dès mardi.

Bettina de Guglielmo (avec J.A.)