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Violences dans une classe de CP-CE1 en Normandie: les renforts envoyés ne convainquent pas élus et parents d'élèves

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Les renforts envoyés par l'Education nationale ne parviennent pas à convaincre les parents d'élèves qui bloquent l'école pour protester contre les violences. Le maire de la commune déplore lui une opération de communication.

Pour endiguer les faits de violence au sein d’une classe de CP-CE1 d’une école primaire dans la petite commune de Saint-Éloi-de-Fourques dans l’Eure, l’éducation nationale a déployé les grands moyens. Lundi, à l’occasion de la rentrée des classes à l’école et alors que l’institutrice en charge des CP-CE1, n’était toujours pas rentrée de son arrêt maladie, un nouvel instituteur est arrivé, accompagné d’une institutrice spécialisée, habituée aux contextes de violences scolaires. Une directrice de Vie Scolaire, envoyé par l’académie et présente pour établir un diagnostic de ces violences, est également arrivée.

Mais même après cette arrivée massive de renfort, la colère des parents d’élèves et du maire n’est pas apaisée. Ils déplorent le manque de garantie, de la part de l’académie, sur la pérennité de ces mesures. Denis Szalkowski, le maire de Saint-Eloi-de-Fourques, ne cache pas sa déception avec ces dispositions qu'il dit savoir temporaire, il dénonce avant tout une manœuvre de communication :

"Ces personnes seront là a priori pour une semaine. Le souci c’est que notre problème a l’air d’être un peu plus structurel. Comment voulez-vous que cela puisse satisfaire alors que ça fait six mois que les enfants vivent un calvaire, n’apprennent plus, ne comptent plus et ne lisent plus", déplore l’élu.

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L'école toujours bloquée

De son côté, l'académie assure respecter la procédure ordinaire. Une équipe rectorale doit se rendre ce mardi dans la classe et établir un diagnostic de ces violences scolaires. Une étape indispensable, selon l'Éducation nationale, avant de pouvoir prendre les mesures adaptées. 

Le blocage de l'école, débuté vendredi dernier, par les parents d'élèves est donc toujours maintenu. Seul le dédoublement des classes et le recrutement d'un maître spécialisé de façon permanente pourraient leur faire changer d'avis.

Depuis le début de l'année, des insultes et des menaces de mort à l’encontre des élèves mais aussi des enseignants, ont été rapportées au sein de la classe de CP-CE1 de l'école primaire de cette petite commune de 506 habitants. À l’origine du problème, il y a un enfant de la classe, potentiellement handicapé. Et au fur et à mesure du temps un groupe de quelques élèves qui se forme autour de lui, par mimétisme, pour commettre ces violences. Juste avant les vacances, la situation était hors de contrôle.

Maxime Levy (avec Guillaume Dussourt)