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En forme à 105 ans? "Nous ne serons jamais tous comme Robert Marchand"

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A 105 ans, Robert Marchand va tenter ce mercredi d'établir un record du monde de l'heure à vélo. Alors que l'Insee prévoit que les centenaires seront 13 fois plus nombreux en 2070, Gaël Chételat, directrice de recherche à l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) prédit une tendance à une meilleure vieillesse, sans pour autant être tous des super seniors.

Gaël Chételat est directrice de recherche à l'Inserm:

"L'enjeu pour nous chercheurs, c'est l'augmentation du nombre de seniors, mais surtout l'augmentation de l'espérance de vie en bonne santé. Robert Marchand est un bon exemple de vieillissement en bonne santé. Lui, son activité physique a permis de le préserver.

Le sport permet en effet de rester en bonne condition physique et de se préserver du vieillissement. il y a aussi le fait de vieillir dans un environnement émotionnel et intérieur qui soit favorable.

Il y a évidemment un facteur génétique qui entre en compte. On ne part pas tous égaux et ce n'est pas parce qu'on fait du sport, qu'on a une activité cognitive et un super réseau social qu'on ne va jamais développer de maladies. Nous ne serons jamais tous comme Robert Marchand. Il y a des injustices, mais nous pouvons désormais cibler les différents facteurs qui permettent un vieillissement réussi.

"Il n'y a pas que l'activité physique qui préserve"

Et la recherche s'y intéresse de plus en plus. A l'Inserm nous lançons un grand programme durant lequel des personnes de plus de 65 ans vont méditer et apprendre l'anglais. On va en mesurer les effets sur le vieillissement car il n'y a pas que l'activité physique qui préserve.

Par exemple, en ville on va avoir plus d'interactions sociales, on va par contre être confronté à la pollution, possiblement à davantage de stress. Il faut évidemment faire attention à ce que l'on mange, faire du sport, faire travailler nos neurones, mais il ne faut pas non plus culpabiliser sinon on obtient l'effet inverse.

L'objectif n'est pas de vivre le plus longtemps possible, mais en tout cas jusqu'au jour on l'on meure, d'être en meilleure santé possible.

On va forcément tendre vers quelque chose de mieux, on y travaille. On trouve plus de méthodes concrètes pour aider à bien vieillir. On est plus à même de comprendre ce qui permet de bien vieillir et donc d'argumenter pour convaincre les gens d'appliquer ces méthodes".

Propos recueillis par Paulina Benavente