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Ex-sympathisante FN jugée pour avoir aidé un migrant: "J'ai aidé mon chéri à réaliser son rêve, c'est tout"

Béatrice Huret est jugée à partir de ce mardi à Boulogne-sur-Mer pour "aide au passage illégal en bande organisée". Cette ancienne sympathisante d'extrême-droite a en effet aidé un migrant iranien dont elle était amoureuse à passer en Angleterre. RMC l'a rencontrée.

C'est une femme amoureuse qui est jugée ce matin à Boulogne-sur-Mer. À 44 ans, Béatrice Huret redécouvre l'amour après le décès de son mari en 2010. Un amour surréaliste pour cette ancienne militante FN dans les années 90.

Devenue bénévole dans la jungle de Calais, elle tombe amoureuse de Mokhtar, un Iranien, en juin 2016. Ils se sont rencontrés pour la première fois en mars 2016: "Ça s'est passé au centre d'informations dans la jungle. Il s'était cousu la bouche pour protester contre les conditions de démantèlement et des conditions de vie de la jungle", se souvient-elle.

Ils se perdent de vue jusqu'à ce qu'un bénévole lance un appel à l'aide quelques mois plus tard. Il recherche un volontaire pour héberger deux migrants. Béatrice accepte sans savoir que Mokhtar est un de ces migrants: "Ils devaient rester deux-trois jours à la maison, ils sont restés un mois", explique-t-elle.

"Je savais que je n'avais pas le droit de le faire"

Leur histoire commence mais Mokhtar ne rêve que d'Angleterre. Une histoire qui mène aujourd'hui Béatrice devant les tribunaux: "On me reproche une aide à l'entrée, hébergement et passage en bande organisée. J'ai acheté un bateau, transporté le bateau jusqu'à une plage et je les ai laissés partir. Je savais que je n'avais pas le droit de le faire, mais être hors-la-loi, je n'y pensais pas à ce moment-là. J'aidais mon chéri à partir et faire son rêve, c'est tout".

Deux mois plus tard, Béatrice est interpellée sur son lieu de travail. Elle encourt 10 ans de prison et 750.000 euros d'amende. Mokhtar vit désormais en Angleterre où Béatrice le rejoint un week-end sur deux.

Lionel Top (avec P.B.)