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A Calais: "Les conditions de vie sont absolument inhumaines" pour les migrants

Depuis le démantèlement de la jungle de Calais en octobre dernier, les problèmes ne sont toujours pas réglés. Les conditions de vie dans les camps de réfugiés, installés provisoirement le long des dunes, restent toujours déplorables. C’est ce que dénonce jeudi matin Françoise Sivignon, présidente de Médecins du monde et invitée dans Bourdin Direct.

Huit mois après le démantèlement de la jungle de Calais, la situation ne s’est toujours pas améliorée. Sur place, les conditions de vie restent déplorables, et les dispositifs d’accueil sont dépassés. Le Défenseur des droits, qui veille au respect des droits et libertés, constate que "la volonté de ne plus voir de migrants à Calais conduit à ce qu'aucun abri ne soit toléré". Un constat que partage Françoise Sivignon, présidente de Médecins du monde et invitée dans Bourdin Direct

"Il y environ 1 000 personnes qui sont présentes à Calais et à Grande-Synthe. On est dans une situation où les conditions de vie sont absolument inhumaines. Il n’y a pas de dispositif d’accueil prévu. Ces personnes n’ont pas accès à l’eau potable, et pour la nourriture, les associations sont bloquées par des arrêtés préfectoraux. On a le droit de distribuer de la nourriture une fois par jours. On a dénoncé une violation des droits fondamentaux. C’est indigne".

La présidente de Médecins du monde affirme que les dispositifs d’accueil sont tellement dépassés que ces réfugiés errent dans les rues. "Les migrants de Calais ne sont plus conduits dans des centres d’accueils. Les dispositifs imaginés sont saturés. On est dans une réalité où ce qui a été créé ne suffit plus. Les gens qui ne sont pas accueillis dans les dispositifs existants errent dans les rues de Calais, dans la jungle de Calais et à Paris autour de la porte de La Chapelle. Ils ont toujours en tête leur parcours migratoire, qui est principalement celui de l’Angleterre. Certains réussissent toujours à passer".

Ce sont des enfants, ce ne sont pas des migrants

"On est face à des personnes qui ont des droits fondamentaux, qui ne sont pas des délinquants. C’est la même chose pour les aidants, qui ne sont pas des délinquants non plus. Les mineurs et les jeunes qu’on voit, ce sont des enfants, ce ne sont pas des migrants. C’est de la responsabilité de l’Etat de les protéger et ça relève de l’aide sociale à l’enfance".

Bourdin Direct avec A. B.