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Exonération de la taxe d'habitation: à Cergy, les contribuables se réjouissent, le maire fait grise mine

Le gouvernement a dévoilé ce mercredi les conditions qui permettront de bénéficier de la réforme de la taxe d'habitation. A Cergy, dans le Val-d'Oise, certains contribuables exonérés applaudissent mais le maire PS, Jean-Paul Jeandon, s'inquiète du manque à gagner.

C'était la promesse emblématique d'Emmanuel Macron: l'exonération de la taxe d'habitation. Le gouvernement a dévoilé ce mercredi les conditions de cette exonération. Pour une personne seule, le plafond d'exonération de la taxe d'habitation est de 27.000 euros de revenu fiscal de référence. Pour un couple, sans enfant, il ne faudra pas dépasser les 43.000 euros pour être exonéré.

En tout, "80% de ceux qui paient aujourd'hui la taxe d'habitation ne la paieront plus dans trois ans", a rappelé le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin. La mesure est censée redonner du pouvoir d'achat aux contribuables, notamment aux classes moyennes.

Tony et Marie font partie de ces 80% et s'en réjouissent. Pour ces deux fonctionnaires, cette mesure représente 800 euros de pouvoir d'achat en plus chaque année: "Quand on va chercher la voiture au garage parce qu'elle est en panne, là déjà, ça nous aidera pour les petits malheurs du quotidien. On pourra peut-être se permettre de partir en vacances, ça fait deux ans que nous ne sommes pas partis".

"Nous serons obligés de faire des choix"

Le maire socialiste de Cergy, Jean-Paul Jeandon, a sorti sa calculette: sans compensation, cette mesure fera perdre 6 millions d'euros par an à sa commune, soit 8% des recettes:

"Nous serons obligés de faire des choix. Soit en diminuant des prestations, soit en augmentant le prix de ces prestations: la cantine scolaire, les temps périscolaires, les centres de loisirs, les services qu'on offrait aux personnes âgées ou handicapées".

Le gouvernement envisage de compenser ce manque à gagner en redistribuant aux collectivités une partie de la CSG. La taxe d'habitation est souvent critiquée en raison de son côté inégalitaire, étant plus élevée dans les communes pauvres en entreprises que dans les communes riches. Elle est calculée d'après la valeur locative cadastrale de l'habitation, dont les estimations ont été établies dans les années 1970, et ont peu évolué depuis.

Victor Joanin et Benjamin Smadja (avec P.B.)