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Faut-il relancer le chantier de l'immigration "choisie"?

LECHYPRE D'AFFAIRES - Le Conseil d’analyse économique (CAE) estime qu'il faut relancer l'immigration qualifiée.

Le bilan que dresse le CAE de l’immigration en France est sans concession: la France aurait tout raté depuis 30 ans. L’immigration en France est une immigration peu qualifiée, peu diversifiée dans ses origines, et faible en volume.

La France accueille deux fois moins d’immigrés que la moyenne de l’OCDE chaque année et compte moins d’immigrés que ses voisins (Royaume-Uni, Allemagne).

C'est une immigration familiale et pas de travail. Sur la période 2007-2016, 43,7 % des immigrés en France sont venus au titre familial, contre 31 % pour leurs études, 10 % à titre humanitaire et seulement 9 % pour le travail.

La France est à la traîne dans la course aux talents

La contribution des immigrés à l’augmentation de la main d’œuvre qualifiée est trois fois plus faible qu’au Royaume-Uni par exemple. Or à long terme, l’immigration économique n’a que des effets positifs: parce que les immigrés qualifiés créent des entreprises : 36 % des entreprises américaines comptent au moins un immigré parmi leurs fondateurs.

Quant aux moins qualifiés, ils occupent des emplois délaissés et libèrent le travail qualifié féminin. Même l’accueil des réfugiés et migrants humanitaires a un impact positif sur l’économie des pays d’accueil à moyen long terme, négligeable à court terme (notamment sur les finances publiques).

La France doit donc repenser sa politique migratoire

Il est urgent de développer des canaux d’immigration variés via les entreprises, via des systèmes à points système à points, qui pondèrent les études, l’expérience, les compétences linguistiques.

Il faut aussi inciter les jeunes étrangers à étudier en France, et à faciliter les passerelles entre études et emploi et l’obtention de titres de séjour. Notre croissance future en dépend.

Emmanuel Lechypre (édité par J.A.)