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"On a l’impression de faire l'aumône": les contrôleurs de la SNCF, en grève, attendent des actes

Les contrôleurs de la SNCF sont en grève pour ce week-end de Noël. Ils réclament notamment une augmentation des salaires. Et le mouvement ne sera pas sans conséquence pour les usagers, dont beaucoup voient leur train annulé.

Seulement trois trains sur cinq rouleront ce week-end. Des centaines de contrôleurs, rassemblés dans un collectif hors syndicats, sont en grève pour réclamer notamment de meilleurs salaires. Environ 200.000 voyageurs ne devraient pas pouvoir voyager. Vendredi, deux TGV sur trois devraient circuler sur les axes Atlantique et Méditerranée, un train sur deux sur l’axe Nord et trois TGV Est sur quatre. La SNCF a d'ores et déjà averti que pour samedi et dimanche, il y aura sans doute un peu plus d'annulations.

Une situation "inacceptable" pour le patron de SNCF Voyageurs qui a présenté ses excuses aux usagers déboussolés. "A Noël, on ne fait pas grève, on fait la trêve", a tancé de son côté Olivier Véran, le porte-parole du gouvernement. Mais comme tous les autres salariés, les contrôleurs de trains bénéficient pourtant d'un droit garanti, le droit de grève.

“Je comprends la colère, mais si on en est arrivé là, ce n’est pas de gaieté de cœur. C’est contre la direction de la SNCF qu’il faut se retourner”, affirme Gwenaël. Il travaille depuis 26 ans à la SNCF et ça fait des mois qu’ils alertent sur la situation, selon lui. Pour le chef de bord, la prime de travail et l'indemnisation supplémentaire proposées par la SNCF ne suffisent pas.

“Ce qui a été proposé, une partie était déjà actée dans les négociations annuelles et le reste, c’est rien en fait. C’est 38 euros par mois. On préfère tout perdre plutôt qu’accepter ça. On a l’impression de faire l'aumône", juge-t-il.

Une grève reconduite jusqu'en 2023?

La colère a été attisée par les échanges avec la direction. Plus de communication que de négociation, s'agace Olivier. Il est l'un des fondateurs du mouvement.

“Bien sûr qu’ils sont réceptifs. ‘On vous a entendu’, ‘expliquez-nous ce qui ne va pas, on vous expliquera comment vous en passer’. Nos dirigeants nous expliquent depuis des années qu’on est la victime de la SNCF. Tant qu’on ne demande rien, il n’y a pas de soucis”, appuie-t-il.

La SNCF assure que la porte reste ouverte. “Nous n’avons été invités à aucune négociation depuis une semaine. J’y vais en courant négocier avec l’entreprise et dire aux collègues de travailler”, dénonce pourtant Olivier.

Les grévistes attendent des concessions de la SNCF sur l'évolution des carrières notamment, sans quoi la grève continuera, au moins jusqu'au Nouvel An.

Marion Gauthier avec Guillaume Descours