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Haute-Garonne: une ville s'oppose à l'ouverture d'un centre pour migrants volontaires au retour

La fronde s’organise à Saint-Lys (Haute-Garonne), qui doit accueillir, l'année prochaine, un centre de préparation au retour (CPAR). C'est une structure destinée à accompagner le retour des migrants dans leur pays d'origine. Sauf que certains habitants ont peur et le maire dit ne pas avoir été prévenu à l'avance. Il appelle à un rassemblement des habitants, ce vendredi.

À Saint-Lys (Haute-Garonne), des habitants sont vent debout contre l'ouverture, l'année prochaine, d'un centre de préparation au retour (CPAR). Cette structure destinée à accompagner le retour des migrants, déboutés après des demandes d'asile notamment, dans leur pays d’origine, doit accueillir environ 120 personnes. Sauf que certains, dans cette ville de près de 10.000 habitants, y sont farouchement opposés.

"Cela fait peur oui, cela fait peur d’avoir des gens qui viennent de toutes les communautés. Est-ce qu’ils vont s’insérer?", se demande Guy, un habitant de la commune.

Trop nombreux pour le maire

Les exilés devraient être accueillis dans l'ancienne maison de retraite. Pour Serge Deuilhé, le maire PS de la commune, 120 personnes, c'est trop.

"Nous avons demandé depuis le début de réduire la voilure pour accueillir ces gens-là dans de bonnes conditions. Là-dessus, nous n’avons pas été entendus, donc il est temps que la préfecture vienne expliquer les choses. Et nous, on fait face aux demandes des habitants", explique l'édile.

Il affirme, également, qu'il a été prévenu il y a quelques semaines à peine par la préfecture. Faux, selon Cécile Lenglet, la sous-préfète de Muret, qui affirme que le maire est au courant depuis plus d'un an.

"Un très court temps de séjour"

"Je crois qu’il faut vraiment dédramatiser le sujet. On est sur des personnes qui sont sur un projet de retour volontaire chez eux, qui seront accompagnées et qui sont sur un très court temps de séjour", souligne la sous-préfète.

Des élus du secteur vont aussi dans ce sens, comme la députée macroniste Monique Iborra. Elle regrette que le maire appelle au rassemblement, ce vendredi. Une mobilisation qu'elle estime être "pour ou contre les migrants", ce qui pourrait faire le jeu de l'extrême droite, selon elle.

Jean-Wilfrid Forques