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"Il m'a assommé d'un coup de machette pour voler mon portable": le témoignage de Daniel, habitant de Mayotte

Depuis trois semaines, une "grève générale" se tient sur l'île: les habitants entendent ainsi lutter contre l'insécurité, toujours plus violente dans ce département français.

Le ras-le-bol. Et la peur au ventre. Il y a quelques jours au volant de sa voiture sur la route du bord de mer, Daniel doit s'arrêter à cause d'un arbre couché sur la route. Il est alors pris à partie par un homme: "C'était une personne avec une machette. Il m'a dit: 'J'ai besoin d'un portable'. Il m'a alors assommé d'un coup de machette. Je suis blessé à la tête, au bras, à l'abdomen. Je me suis dit que c'était fini pour moi ce jour-là".

Daniel a été hospitalisé. Aujourd'hui ce Mahorais va mieux. Mais il est plus que jamais triste pour son île: "Je me disais que ça n'allait jamais m'arriver. Mais le jour où ça arrive, c'est là où se rend compte que ça peut arriver à n'importe qui, à n'importe quel moment. Parce qu'à Mayotte, il n'y a pas une journée qui passe sans qu'une personne soit blessée dans la rue".

"La ministre est devenue sourde"

Les renforts de forces de l'ordre annoncés par le gouvernement ne suffiront pas estime Ousséni Balahachi, secrétaire général CFDT. L'Etat doit faire plus: "Nous, nous avons besoin que le gouvernement puisse se déplacer, venir pour apporter les moyens nécessaires nous permettant de pouvoir lutter contre ce fléau".

Un constat que partage un député de Mayotte: "Qu'on soit à l'école, à l'hôpital, à la maison, partout, nous sommes violemment agressés. Je veux surtout dire à madame la ministre Annick Girardin que lors de son passage, elle nous a dit: 'A Mayotte, on est loin de Paris, et il faut crier fort pour qu'on nous entende'. Les Mahorais crient depuis trois semaines pour être entendus. Nous avons constaté avec beaucoup de regrets qu'elle ne nous entend pas non plus. Elle est devenue sourde comme les autres ministères".

Benoit Ballet et X.A