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Immigration: vers la mise en place de quotas dans certains secteurs d'activité

Plus exigeant sur l'accès aux soins, plus ferme face aux "abus" et davantage soucieux des filières économiques en tension: Edouard Philippe dévoilera mercredi 20 mesures sur l'immigration, après un mois de polémiques amalgamant ce sujet au communautarisme et la laïcité.

Objectif: sortir "par le haut" de la séquence "immigration-laïcité". Edouard Philippe annoncera mercredi les décisions de l'exécutif après le débat au Parlement sur l'immigration. 

Au total, ce seront donc 20 mesures destinées à rendre la France, un peu moins attractive du point de vue de l'immigration. Un plan, selon l'entourage d'Edouard Philippe, "conforme à la philosophie du Président".

L'une des mesure phare est celle de la santé: les demandeurs d'asile devront attendre 3 mois avant de bénéficier de la protection universelle maladie, qui englobe tous les soins remboursés par la Sécurité Sociale. Le gouvernement veut aussi durcir l'accès à une autre couverture santé: l'AME, l'aide médicale d'Etat, destinée aux personnes en situation irrégulière, avec la mise en place d'un accord préalable de la sécurité sociale pour certains soins non-urgents, comme la pose de prothèse.

"Tout n'y est pas, mais c'est mieux que rien" se satisfait un député de la majorité, qui met aussi en avant une ouverture à l'immigration économique légale avec des quotas fixés par territoire et par secteurs de métiers.

Concrètement, qu'est ce qui va changer?

L'idée est de faire face à la pénurie d'emploi dans l'hôtellerie, le bâtiment, la restauration ou encore dans les métiers d'ingénierie. Des secteurs où l'on manque de bras: en 2019, 150.000 emplois n'ont pas trouvé preneurs, faute de candidat. 

Ainsi, dès l'an prochain, un débat aurait lieu au Parlement et fixerait des quotas par territoire, et par secteurs de métiers. Et chaque année, la liste des métiers où l'embauche est compliquée serait réactualisée.

Pour définir les besoins précis de main d'oeuvre, le gouvernement veut construire un nouvel outil statistique pour mesurer la réalité des tensions sur le marché. Le ministère du Travail planche actuellement dessus, et doit rencontrer syndicats, patronats, et régions pour finir de l'élaborer. 

Margaux Bourdin et Paul Barcelonne