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Indexia: la répression des fraudes saisit la justice après plusieurs plaintes de consommateurs

INFO RMC. La répression des fraudes a saisi la justice après de multiples plaintes de consommateurs contre l'assureur de téléphone Indexia (SFAM). Selon un document que RMC s'est procuré, le nombre de plaintes est très important. Rien qu'entre septembre 2019 et mai 2020, 700 clients avaient fait un signalement.

La répression des fraudes a décidé de saisir la justice après de multiples plaintes de consommateurs floués par un assureur de téléphone. Il y a quelques jours, RMC avait partagé le témoignage de "Nénette". Cette vieille dame de 91 ans avait voulu prendre une assurance à cinq euros par mois pour son téléphone portable et s'était retrouvée avec des milliers d'euros prélevés à son insu sur son compte en banque. Sa belle-fille nous avait contactés pour dénoncer les méthodes de l'assureur Indexia (SFAM), le deuxième actionnaire de la FNAC.

Ce lundi, RMC révèle que la répression des fraudes a enquêté sur cet assureur et décidé de saisir la justice. Car malgré une grosse amende de 10 millions d'euros il y a trois ans, cet assureur de téléphone, propriété du plus jeune milliardaire de France, n'aurait jamais cessé ses mauvaises pratiques. La répression des fraudes ne communique pas le nombre de plaintes reçues, mais on sait que c'est énorme puisque, d'après un document que RMC s'est procuré, rien qu'entre septembre 2019 et mai 2020, ce sont 700 consommateurs qui avaient fait un signalement. On peut donc imaginer ce que ça donne deux ans plus tard.

Dans un communiqué qui sera rendu public dans quelques heures, la DGCCRF estime que les faits sont "particulièrement graves", suffisamment pour qu'elle émette un procès-verbal qu'elle a transmis à la procureure de la république de Paris. La répression des fraudes dénonce des pratiques consistant "à faire faussement croire aux consommateurs que leurs demandes de remboursement ont été prises en compte".

Une procédure groupée lancée par des consommateurs

Concrètement, les clients découvrent ces dizaines ou centaines parfois milliers d'euros prélevés sur leur compte. Du coup, ils appellent l'assureur et demandent à résilier leur contrat. On leur assure que leur “demande est prise en compte" sauf que ce n'est pas le cas du tout. Donc ils relancent et là, le conseiller déclenche un remboursement, mais partiel, c’est-à-dire que le client va toucher 300 euros au lieu de 1.500 euros par exemple.

Du coup, nouvelle relance, nouvelle promesse de remboursement. Sauf que, là encore, le remboursement ne sera pas total. L'objectif selon la DGCCRF, c’est d’"induire en erreur le consommateur et le décourager tout simplement d'obtenir son remboursement".

Désormais, l’affaire est dans les mains de la justice. C'est à la procureure de la République de Paris de décider quelle suite donner à cette affaire, c'est-à-dire ouvrir ou pas une enquête pénale en vue d'un procès.

En attendant, les clients de la SFAM qui nous ont contactés ont de leur côté saisi une avocate, Maître Emma Léoty, qui a lancé une procédure groupée. Elle à déjà plus de 60 clients et une audience est prévue à Nanterre le 23 juin prochain. La Belgique, elle, a carrément décidé il y a quelques semaines d'interdire tout simplement la vente de ces assurances sur le territoire.

Marie Dupin et Anne-Lyvia Tollinchi avec Guillaume Descours