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"Je ne peux pas baisser mon chauffage": les passoires thermiques inquiètent avant l’hiver

Emmanuel Macron a fixé un objectif de 10% d'économies énergétiques pour cet hiver 2022. Sauf que, pour ceux qui vivent dans des passoires thermiques, impossible de baisser davantage le chauffage. Pire encore, leurs factures habituellement très élevées, devraient exploser. Dans "Apolline Matin" ce mercredi sur RMC et RMC Story, Olivier Klein, le ministre délégué chargé de la Ville et du Logement, assure que le gouvernement est mobilisé sur ce sujet.

Face à la crise énergétique mondiale, Emmanuel Macron a fixé un objectif d'économies d'énergie de 10%. Il a appelé les entreprises et les particuliers à la sobriété, en demandant, notamment, de baisser le chauffage cet hiver.

Pour beaucoup de Français qui vivent dans des logements très gourmands en énergie, dits "passoires thermiques", l'inquiétude est vive. "Je veux bien faire des efforts mais je ne peux pas baisser mes chauffages plus que ça, je n’ai pas vraiment le choix", explique Lucie, 22 ans, qui vit dans un appartement de 30 m2.

"En hiver, les murs sont froids voire humides parfois et l’été ils sont chauds, car il n’y a pas vraiment d’isolation dans le mur", déplore-t-elle.

90 euros d'électricité par mois pour 30 m2

Son but: trouver des solutions à cette mauvaise isolation. Par exemple, elle a rebouché une grille d'aération avec un morceau de carton, dans sa chambre. "Il y a un courant d’air qui vient me chatouiller les bras pendant que je dors. Donc on bloque ça pour ne pas tomber malade."

Les radiateurs électriques sont vieux et donc énergivores. "C’est compliqué à chauffer, ça ne sert à rien que je les pousse à fond. Ça ne va pas changer grand-chose", se désole-t-elle. Pourtant, ses factures sont très élevées: 90 euros d'électricité par mois.

D'après son diagnostic de performance énergétique, il y a "40% de déperdition par les murs, 30% par la ventilation".

"On savait qu'il fallait rénover les passoires énergétiques"

Il existe environ cinq millions de passoires énergétiques en France. Pour ces foyers très modestes, l'hiver va être très difficile financièrement, avec la hausse des prix.

"On paye la passivité des 20 ou 30 dernières années, au cours desquelles on savait qu’il fallait rénover les passoires énergétiques", affirme Manuel Domergue, de la Fondation Abbé-Pierre.

Le gouvernement dit avoir conscience de cette problématique et y travailler. "L’urgence climatique rejoint l’urgence sociale. On ne peut pas regarder les problématiques environnementales sans regarder les problématiques des Français. C’est ce que le gouvernement essaye de faire depuis le début de ce quinquennat", se défend Olivier Klein, ministre délégué à la Ville et au Logement, invité d'"Apolline Matin" ce mercredi sur RMC et RMC Story.

Des contraintes et des dispositifs pour les propriétaires

Un calendrier pour contraindre les propriétaires à effectuer des travaux de rénovation énergétique sur leur logement a été établi.

"Depuis le 24 août, les propriétaires des passoires thermiques n’ont plus le droit d’augmenter les loyers. À partir du 1er janvier 2023, ces logements ne pourront plus être remis en location, donc on agit sur ces questions-là, affirme-t-il. Je tiens à tenir le calendrier sur les passoires thermiques. C'est extrêmement important."

Pour aider les propriétaires et les copropriétaires sur les travaux, plusieurs dispositifs ont été mis en place, rappelle Olivier Klein: "Ma prime rénov’ est renforcée et on met en place des accompagnateurs rénov’ pour que chacun comprenne bien ce qu’il peut faire pour son logement. L'idée est de mieux accompagner".

La rédaction de RMC