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Journée d'action des surveillants de prison: "Un détenu m'a dit qu'il mettait 10.000 euros sur ma tête"

Les surveillants de prison se mobilisent ce jeudi

Les surveillants de prison se mobilisent ce jeudi - AFP

TEMOIGNAGE - Alors que des syndicats de surveillants de prison, notamment FO, appellent, ce jeudi, à diverses actions pouvant aller jusqu'au blocage des établissements, pour protester contre la "dégradation" de la sécurité, RMC a rencontré l'un d'entre eux, à bout de nerfs.

Une mutinerie à Vivonne (Vienne), une agression jihadiste à Osny (Val-d'Oise): face à la "dégradation constante" de la sécurité en prison, les syndicats de surveillants ont appelé à diverses actions jeudi, pouvant aller jusqu'au blocage des établissements. Et la date de la mobilisation est symbolique: c’est en effet aujourd’hui que Jean-Jacques Urvoas, le ministre de la Justice, présente le budget de la Justice pour 2017. A l'occasion de cette journée de mobilisation, RMC a rencontré Arthur, gardien de prison à la maison d'arrêt du Val-d'Oise, à Osny. Actuellement en arrêt maladie, il se dit à bout de nerfs.

Pour preuve: après une journée de travail difficile, lundi soir, il a crié un peu trop fort sur ses enfants. "Je n'arrive plus à gérer mes émotions et ça se ressent même dans la vie familiale, témoigne-t-il. C'est le stress permanent. On s'énerve pour un rien parce qu'on est au bout du rouleau, crevé". Le médecin d’Arthur l’a arrêté jusqu’à la fin de la semaine. Le surveillant de prison met cette fatigue nerveuse sur le compte de l’insécurité qu’il ressent au travail.

"Beaucoup plus en danger qu'il y a 4 ou 5 ans"

"Il y a un mois et demi, j'ai eu un souci avec un détenu. Il m'a dit que pour deux billets de 500, il aurait mon adresse et qu'il mettait 10.000 euros sur ma tête. Que c'était une question de temps…, raconte-t-il encore. On n'est pas formés à ça. Les collègues qui se font agresser en bas de chez eux, ceux qui se font agresser par les jihadistes dans le quartier dédié… Franchement, on se sent beaucoup plus en danger qu'il y a quatre ou cinq ans".

A cause du manque d’effectifs et du manque de moyens, Arthur a désormais du mal à trouver un sens à son métier: "Je suis le seul surveillant moniteur de sport. Je suis donc, la plupart du temps, seul avec 25 détenus. On a donc pas le temps de faire de la réinsertion." C'est pourquoi, plus que jamais, ce surveillant de prison aimerait que son métier soit davantage reconnu et respecté.

M.R avec Claire Andrieux