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Julien, trentenaire black bloc: "Quand on s'en prend à un McDonald's, on s'en prend au capitalisme qu'on exècre"

Témoignage RMC – Julien a une trentaine d'années, et a rejoint le mouvement des black blocs depuis 5 ans pour dire sa haine du système capitaliste. Il était dans le cortège parisien du 1er-Mai.

Julien était mardi en tête du cortège du 1er-Mai. Il fait partie des 1.200 black blocs qui ont saccagé des commerces et fait dégénérer la manifestation. Une violence que ce trentenaire, parfaitement intégré, assume: "Quand on s'en prend à des McDonald's, il faut voir qu'en 68 ou dans pleins d'autres manifestations, il y a eu de la casse bien plus sévère. Nous, c'est le matériel, ce qui représente le capitalisme que l'on exècre".

Mardi, il a réussi à échapper à la police et n'a pas été arrêté. Depuis 5 ans qu'il a rejoint le mouvement, il a d'ailleurs acquis quelques techniques: "On a souvent des sacs planqués, on utilise des habits réversibles, on sait se camoufler".

"Avec des gants, on laisse peu d'empreintes digitales"

Mais même lorsqu'ils sont arrêtés, les black blocs savent bien que faute de preuve, la justice ne peut pas grand-chose contre eux: "Il faut avoir le visage méconnaissable pour ne pas être reconnu, et puis avec des gants, on laisse peu d'empreintes digitales. Après, il faut se faire prendre avec un cocktail Molotov dans un sac, une arme, mais sinon c'est compliqué".

Pas inquiété par la justice, et convaincu par la forme de son combat, Julien promet de continuer, tant que le système, dit-il, n'aura pas été renversé.

Marie Régnier et Marion Dubreuil (avec P.B.)