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La Bretagne en colère manifeste contre les locations saisonnières et les résidences secondaires

La Bretagne en colère: des manifestations ont lieu à Vannes, Lannion, Douarnenez, Concarneau pour dénoncer des conditions d’accès aux logements de plus en plus difficiles pour les locaux et la trop grande importance des locations saisonnières et des résidences secondaires.

Vers des "bonnets rouges", acte II ? Neuf ans après le mouvement de protestation qui était apparu en réaction aux portiques écotaxe, la Bretagne redescend dans la rue. Des manifestations ont lieu ce samedi, en simultané, dans plusieurs villes de Bretagne, de Vannes à Lannion, de Douarnenez à Concarneau…

Leur objectif est de dénoncer des conditions d’accès aux logements de plus en plus difficiles pour les locaux:

"Pour louer, comme il y a de moins en moins de biens, il faut avoir des dossiers béton. Donc des gens ne peuvent pas se loger: ils sont dans leur véhicule, dans des campings, chez leurs amis" explique Tim Rogues, l’un des organisateurs du mouvement.

Leur demande: être classé en zone tendue et appliquer un quota ou une surtaxe sur les résidences secondaires et les locations saisonnières.

70% des logements sont des résidences secondaires à Carnac

C’est une conséquence directe de la crise sanitaire avec de plus en plus d'acheteurs qui veulent une résidence secondaire pour y passer quelques semaines de vacances ou pour la mettre sur Airbnb et gagner de l’argent. Pour vous donner une idée : à Arzon dans le Morbihan, huit maisons sur dix sont des résidences secondaires. A Carnac, c’est sept sur dix.

Le problème ne se pose pas qu’en Bretagne. La situation est en réalité la même dans toutes les zones très touristiques l’été qui ne sont pas classées en zones tendues, comme c'est le cas de Paris ou de certaines villes du bord de mer. Cette classification a plusieurs intérêts : elle permet par exemple d’encadrer les loyers, pour protèger les locaux, de fixer des quotas comme à Saint Malo: pas plus de 12 % de résidences secondaires dans la cité corsaire et de surtaxer les appartements ou les maisons de vacances au niveau des impôts fonciers.

Les propriétaires vent debout contre cette idée

Une idée qui ne plaît pas évidemment pas aux propriétaires. À St-Malo, un collectif d'habitants a attaqué la décision de limitation des locations de courte durée, comme les AirBnB. Laurence, possède une maison de vacances à Noirmoutier. Elle serait plutôt favorable à une surtaxe pour les locations saisonnières:

"C'est ce qui gangrène le marché avec des locataires, des touristes qui ne respectent pas les espaces naturels, alors que les résidents secondaires considèrent que c'est leur île, leur coin de paradis et dont donc attention."

Des résidences secondaires qui font aussi vivre économiquement ces endroits pendant la période estivale.

Margaux Bourdin et Maxime Martinez