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La France récalcitrante à légiférer sur l'interdiction de la fessée

La France a signé plusieurs conventions l'engageant à légiférer sur les châtiments corporels.

La France a signé plusieurs conventions l'engageant à légiférer sur les châtiments corporels. - Loïc Venance - AFP

La France défend ce mardi son bilan en matière de droits des enfants devant l'ONU qui réclame l'interdiction formelle de la fessée et des châtiments corporels. La France fait partie des rares pays européens récalcitrants.

Pour l'ONU, la France a des progrès à faire. La secrétaire d'Etat chargée de l'enfance, Laurence Rossignol a rendez-vous mardi et mercredi avec le Comité des droits de l'enfant de l'ONU pour exposer l'état de la défense des enfants dans le pays. L'un des dossiers qu'elle aura du mal à défendre: la fessée donnée aux enfants par leurs parents. En France, elle n'est pas interdite alors que 23 pays européens ont déjà légiféré pour la bannir.

Dans son dernier rapport, l'ONU indique que "le Comité a recommandé, une nouvelle fois, d'interdire explicitement les châtiments corporels dans tous les contextes".

Pourtant la France s'est engagée à plusieurs reprises. Elle avait signé il y a 26 ans la Convention internationale des droits de l'enfant dans laquelle les Etats s'engageaient à "protéger l'enfant contre toute forme de violence". Un autre texte, la charte sociale européenne de 1999 et signée par la France devait permettre de "protéger les enfants contre la négligence, la violence ou l'exploitation".

Un "livret de parentalité" de prévention

Dans les deux cas, les signataires s'engageaient à se doter d'une loi interdisant tous les châtiments corporels. Une voie que n'a pas suivie la France même si les violences faites aux enfants sont punies pénalement.

Plutôt que de légiférer, la ministre propose "un livret de parentalité" diffusé auprès des futurs parents par les Caisses d'allocations familiales à partir d'avril. Mais pour Edwige Antier, pédiatre, la France doit abolir la fessée. "Grâce à la loi, chacun se pose vraiment la question et apprend à faire autrement, explique-t-elle sur RMC. La fessée ça a l'air d'être un mot gentil alors que ça attaque par derrière les personnes les plus vulnérables. Il n'y a que la France qui résiste et qui ne veut pas passer à l'abolition des châtiments corporels, c'est la honte en Europe". Laurence Rossignol explique avoir fait le choix "d'une prise de conscience collective des dangers des punitions corporelles".

C. B avec Romain Poisot