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Le droit de séjour de Samira, 10 ans, menacée d'expulsion alors qu'elle tente d'échapper à l'excision, sera réétudié

Le droit au séjour de Samira, fillette ivoirienne de 10 ans et de son père, qui devaient être expulsés vers l'Italie, "va être réexaminé", comme l'a assuré samedi le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

Christophe Castaner l'a annoncé samedi: le droit au séjour de Samira, une fillette ivoirienne de 10 ans et de son père "va être réexaminé". Samira est une fillette qui a fui la Cote d'Ivoire avec ses parents "pour échapper à l'excision".

C'est ce qu'affirme le député européen Raphael Glucksmann dans une pétition mise en ligne il y a dix jours. En France depuis janvier dernier, la jeune fille devait être expulsée vers l'Italie le 12 novembre, conformément au "règlement de Dublin" qui confie l'étude de la demande d'asile au pays d'entrée en Europe, en l'occurrence l'Italie.

"Après étude du dossier par le préfet de Police et en lien avec ses services, nous avons demandé que la mesure de transfert ne soit pas exécutée", a écrit samedi dans un tweet le ministre de l'Intérieur.

Une pétition largement signée par anonymes et célébrités

Sa situation a fait l'objet d'une vaste mobilisation. Après une pétition ayant recueilli plus de 150.000 signatures, près de 200 personnalités ont signé il y a une semaine une lettre ouverte adressée au président Macron pour empêcher son expulsion. Parmi les signataires du texte Anne Hidalgo, Christiane Taubira, Dany Boon, Michel Drucker, ou le footballeur Marco Verratti.

Pour autant, après cette annonce du ministre de l'Intérieur, "La question n'est pas résolue" selon Raphaël Glucksmann. "On ne sait pas s'ils vont leur donner un titre de séjour ou non. On attend de recevoir un document officiel et de connaître la nature du document administratif qui sera donné à Samira et son papa", explique-t-il.

Samira pourra donc continuer - au moins provisoirement- d'aller à l'école. Elle est en CM2 en Seine-et-Marne. Elle aurait dû être envoyée de force à Venise dans deux jours. En choisissant de venir en Europe, ses parents avaient voulu la préserver de l'excision. Selon l'ONU, plus de 200 millions de femmes et de jeune filles vivent aujourd'hui en ayant été excisées. 

La rédaction avec J.A.