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Le RER B "est devenu un enfer"? Elle réclame le remboursement de son pass Navigo

Le quai du RER B à Chatelet-Les Halles.

Le quai du RER B à Chatelet-Les Halles. - AFP

Les problèmes semblent se multiplier pour les usagers du RER B. A tel point qu'Audrey Lassalle, fatiguée par les retards quasi-quotidiens de sa ligne, a lancé une pétition dans laquelle elle réclame le remboursement de son pass Navigo.

Audrey Lassalle (37 ans) est ingénieure en informatique. Elle prend le RER B chaque jour de Bure-sur-Yvette à Châtelet-les Halles.

"Depuis le mois de février, des travaux ont été entrepris et nécessitent des ralentissements de vitesse au niveau de la gare d'Arcueil-Cachan. Cela devait durer jusqu'à dimanche dernier. La direction nous avait assuré que ça rallongerait le temps de trajet de seulement une à trois minutes. Mais ceux-ci ont été rallongé d'au moins dix minutes le matin et le soir aux heures de pointe.

On subit des retards pour arriver au travail, pour rentrer chez soi et profiter de sa vie familiale le soir. Je paie mon pass navigo 75,20 euros pour un service qui est mal rendu. "Île de France Mobilité" nous dit 'bien qu'il y ait des retards, le service a été assuré'. Mais pour nous, un service assuré c'est un service rendu à l'heure.

"C'est bondé, on est serré et ça entraîne potentiellement des malaises voyageurs"

Cet été, ça allait: forcément, il y a moins de monde. Mais depuis la rentrée la situation s'est de nouveau dégradée. Je prends le RER B depuis 2004, et il y a vraiment une différence. Il y a beaucoup trop de trains supprimés et les voyageurs s'entassent dans les trains qui restent. C'est bondé, on est serré et ça entraîne potentiellement des malaises voyageurs. Le 25 et le 26 septembre, sur les deux matinées, il y a eu une dizaine de malaises voyageurs. C'est devenu stressant et épuisant. C'est quasiment tous les jours.

Souvent j'arrive au travail 20 minutes en retard, donc il faut que je rattrape. Chez moi je rentre 20 minutes plus tard. Le soir, je ne prévois jamais plus de loisirs. C'est impensable. Si je dois prendre le RER B je sais pertinemment que je dois prendre de l'avance. C'est devenu un enfer. Et je ne vous parle pas des délestages à Laplace ou à Denfert. Il faut descendre et remonter dans le train suivant qui est déjà bondé. Les gens sont blasés. Il n'y a pas d'engueulade. Pas de violence. Mais on a peur que les agents se fassent agresser alors qu'ils ne sont pas responsables.

"On est vraiment laissés à l'abandon"

Je ne peux pas opter pour le télétravail. Déménager? Jusqu'à l'année dernière, la situation était à peu près correcte, donc j'ai signé pour un projet immobilier à Massy, toujours sur le RER B. Mais cette année c'est devenu pire. Si j'avais su que ça allait devenir comme ça j'aurais cherché à habiter ailleurs... Mais on est 800.000 personnes à prendre ce train. La plupart travaille à Paris. Ce serait aberrant qu'on déménage tous pour des problèmes de transport.

Il faut que le RER B devienne un sujet national, parce qu'on est vraiment laissés à l'abandon. Il dessert deux aéroports, deux gares TGV quand même! Le RER A bénéficie de son côté de plus d'avantages parce qu'il dessert La Défense et Dysneyland Paris. Nous on doit attendre minimum 2025 pour avoir de nouvelles rames. Mais on ne peut pas attendre: on est proche de la saturation". 

Propos recueillis par Antoine Maes