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Légionnaires tués dans les Alpes: "Non, les entraînements ne sont pas trop extrêmes"

Des militaires ont été emportés par une coulée de neige à Valfréjus, en Savoie, lundi. (Photo d'illustration)

Des militaires ont été emportés par une coulée de neige à Valfréjus, en Savoie, lundi. (Photo d'illustration) - Jean-Pierre Clatot - AFP

TEMOIGNAGES - Après la mort de cinq militaires, emportés lundi dans une avalanche à Valfréjus, en Savoie, place aux questions. Les entraînements des légionnaires ne sont-ils pas trop extrêmes? RMC a interrogé deux spécialistes des questions militaires, ce mardi.

Cinq militaires ont trouvé la mort, lundi après-midi dans une avalanche à Valfréjus, en Savoie. Huit autres légionnaires ont été blessés, dont l'un gravement. Tous ont été transportés à l'hôpital de Grenoble, dans l'Isère. Au total, treize skieurs ont donc été emportés dans l'avalanche.

Ils étaient une cinquantaine de militaires à participer à un stage d'aguerrissement hors-piste, à plus de 2000 mètres d'altitude, avant de partir en opérations. Le risque avalanche était, ce jour-là, de 3 sur 5.

Ces militaires appartiennent au 2e régiment étranger du génie d'assaut de Saint-Christol (Vaucluse). Leurs missions: le renseignement, le combat direct et l'appui à la mobilité en montagne.

"Par définition, les entraînements doivent être durs"

Ce même régiment avait déjà été endeuillé en 2012, à Valloire, toujours en Savoie, dans des circonstances similaires. Une avalanche avait tué un militaire. Après ce nouveau drame, les questions. Est-ce que les entraînements militaires ne sont pas trop extrêmes? Michel Goya, ancien colonel des troupes de Marine, consultant en stratégie, répond "non".

"Par définition, [les entraînements] doivent être durs", a-t-il expliqué ce mardi sur RMC. "Au moins aussi durs que les opérations elles-mêmes, que ce que l'on doit attendre en opération. Maintenant, cela n'est pas pour autant que l'on fait n'importe quoi. Tout cela est bien encadré, et normalement, on ne meurt pas à l'entraînement. On s'approche, on prend des risques. Mais tout est encadré, tout est organisé pour que cela se fasse, malgré tout, en sécurité".

"C'est un milieu qui est extrême"

Jean-Marc Tanguy, journaliste, spécialiste des questions militaires et grand reporter au magazine Raids Aviation, ne dit pas le contraire:

"Il faut bien comprendre que c'est la montagne, elle-même, qui est extrême. Ce n'est pas l'entraînement que l'on y fait", a-t-il estimé. "On sait que c'est un milieu qui est extrême et qui, régulièrement, tue. Je pense que les militaires qui sont spécialisés dans ces domaines-là le savent. Il faut bien comprendre que la France, qui est l'un des rares pays à entretenir des troupes de montagne du fait de son histoire, mais aussi de ses engagements - cela a été le cas en Afghanistan, a souhaité pouvoir avoir des militaires très formés. Avec un niveau militaire très relevé. Et justement, ça passe par des entraînements militaires très réalistes pour pouvoir réaliser leur mission en montagne".

Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian est attendu en Savoie dans l'après-midi, afin de rencontrer les blessés et se recueillir devant les dépouilles, qui reposent à Saint-Jean-de-Maurienne.

C. P. avec Antoine Perrin