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Leonarda : « La dicature de l'émotion n'est pas la pire », dit Martin Hirsch

Martin Hirsch est l'invité de Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFMTV.

Martin Hirsch est l'invité de Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFMTV. - -

A l'occasion de la journée mondiale de lutte contre la pauvreté, JJ. Bourdin rrecevait ce jeudi de 8h35 à 9h le Président de l’Agence du service civique Martin Hirsch, sur RMC et BFMTV. Il s'est aussi exprimé sur l'affaire Leonarda.

Martin Hirsch était l’invité de Jean-Jacques Bourdin ce jeudi à 8h35 sur RMC et BFMTV. L’ancien Haut-commissaire aux solidarités actives du gouvernement Fillon, aujourd’hui président de l’Agence du service civique, est revenu sur la polémique provoquée par l’expulsion de Leonarda, jeune rom kosovare interpellée devant ses camarades de classe le 9 octobre dernier pour être expulsée avec sa famille. Il est également l’invité de la matinale de Jean-Jacques Bourdin pour commenter l’actualité autour de la journée mondiale de lutte contre la pauvreté. Parmi ces idées reçues : Les pauvres ne savent pas gérer un budget, les sans-abri sont alcooliques, les pauvres font des enfants pour toucher les aides. Au contraire, pour les plus démunis, en plus de n’avoir que peu de ressources, il faut souvent payer plus cher que les autres.

Beaucoup d'idées reçues sur les pauvres : ils ne sont pas bon gestionnaires, ils font des enfants pour les allocations...
8h54 - M. Hirsch : « C'est pour cela que je suis heureux de pouvoir permettre a des jeunes de vivre 6 mois ou un an auprès de ces populations. Les jeunes touchent 570 euros par mois et on leur paie en plus la protection sociale. Ces jeunes se font leur propre opinion sur les pauvres. Et quand on leur demande au bout de six mois si les pauvres sont une menace ou une opportunité, ceux qui ont fait le service civique répondent une opportunité ».

Le titre de votre livre : « Ça devient cher d'être pauvre »
8h48 - M. Hirsch : « J'ai reçu des courriers après le livre. Par exemple une dame m'a dit : "je fais attention à mon gaz et mon électricité. Mais on me fait payer l'abonnement plein pot. Le KW/H revient plus cher qu'un riche qui va amortir son abonnement. Sur le téléphone les plus pauvres n'ont pas le droit à un forfait donc ils achètent des cartes prépayées dont la minute coûte plus cher que pour un forfait. Troisième exemple, le loyer. Sur les petites surfaces le prix au m2 est plus élevé. Mais il y a pire. Les gens qui n'ont pas les moyens d'habiter à Paris vont en grande banlieue. Ils ne vont pas forcément se trouver près de la gare... ils vont aller habiter plus loin. Ils ont donc le Navigo 5 zones. Ils doivent se rendre de chez eux à la gare donc ont besoin d'une voiture... finalement ils dépenseront plus que s'ils louaient en centre-ville. Ca va jusqu'au paquet de lessive. Certes ils sont aidés mais les aides courrent derrière. Il faut faire des tarifs progressifs. Mais sinon, quand vous louez à quelqu'un de pauvre pas trop cher pourquoi n'auriez-vous pas une exonération d'impôt sur le montant du loyer. Plus besoin d'aide au logement. Aujourd'hui, on dépense pour l'augmentation que payent les pauvres. Le pire ennemi de la pauvreté c'est le silence et l'indifférence ».

Il y a des solutions ?
M. Hirsch : « Rappelez-vous il ya quelques jours la polémique autour des lunettes. Et bien nous avons mis en place un programme depuis deux ans avec les opticiens et des entreprises. Les pauvres ne peuvent pas payer 35 euros de leur poche. Il y a un effort sur les marges et du coup les consommateurs ne dépensent plus qu'entre 0 et 50 euros. Et ces lunettes sont fabriquées dans le Jura ».

Sur ATD Quart Monde et leur volonté de jugement des politiques pour non assistance à perrsonne en danger.
8h48 - M. Hirsch : « Ce n'est pas un juge qui va règler la question de la pauvreté. On peut juste leur faire des propositions »

Sur le RSA
8h47 - M. Hirsch : « Des parents au RSA, ils ont 55 ans, ils n’ont plus de travail. Leur fils ou leur fille travaille l’été, un petit job, et se fait 2 000 euros en deux mois. Le trimestre suivant, on coupe le RSA et on le remet à 0 ! Ca fait deux ou trois mois que je leur dis de neutraliser ça ! Il y a des petites choses comme ça faciles à régler ».

François Hollande a-t-il un bon bilan sur le terrain de la pauvreté ?
8h46 - M. Hirsch : « Lui-même ne dirait pas qu'il est bon. Ce ne serait pas sérieux. Il y a eu des mesures prises sur les plus pauvres qui sont les jeunes : service civique maintenant proposé à 20 000 d'entre eux. La garantie jeunes, les emplois d'avenir dont tout le monde se moquait... J'ai voté François Hollande mais je ne suis pas agent du gouvernement ».

Sur les retraites
« Les personnes qui ont travaillé a temps partiel pendant des années, la reforme les aide un peu ».

Sur Sarkozy
8h43 - M. Hirsch : « Non, je ne regerette pas d'avoir travaillé avec Sarkozy. Lui en revanche... J'ai raté mais je ne regrette pas d'avoir été au gouvernement. Avancer sur des réformes c'est des rapports de force. Quand on est face aux parlementaires on fait souvent un tiers de ce que l'on voulait. Je n'ai pas tout réussi. Je m'attendais que tous les 17 octobre à l'occasion de cette journée mondiale contre la pauvreté on parle au Parlement. Mais non, on pose d'autres questions ».

Sur Valls
8h41 - M. Hirsch : « Le préfet je le connais, il applique la loi. On a forcément des tensions entre émotion saine et règles à respecter. Lampedusa me tient plus à cœur que cette histoire du Doubs ».

Sur Leonarda
8h36 - Martin Hirsch : « On ne sait pas tout. C'est donc bien qu'il y ait un rapport. Il y a une chose formidable, c'est que nous sommes dans un état de droit. Le travail des policiers est validé par un juge. Depuis un an il y a une circulaire qui remet les pendules à l'heure : plus d'enfants dans les centres de détention et des critères objectifs. Y'a-t-il des endroits où on ne peut pas aller chercher les sans-papiers ? Les refuges, l'hôpital et l'école. Je pense qu'on peut avoir des critères... le cœur et la raison. La dictature de l'émotion n'est pas la pire ».

La rédaction